| HM2F - IDAHO 2010 |
Communiqué
de presse
Surabaya, Indonésie, 27 mars 2010
Résumé
: La Conférence régionale asiatique d'ILGA a
été perturbée et finalement
empêchée par une foule menaçante,
constituée d'intégristes musulmans. Le
Comité
IDAHO dénonce l'homophobie, attend du gouvernement
français qu'il demande des
explications aux autorités indonésiennes, et
appelle les croyants de bonne
volonté à protester contre ceux qui veulent
instrumentaliser la religion pour
justifier la violence et la haine.
La
conférence régionale asiatique d’ILGA
(International lesbian, gay, bisexual,
transgender and intersex association) a été
annulée à la dernière minute, sous
la pression de groupes islamistes. Initialement autorisée
par les autorités
publiques, elle a été interdite mercredi
24 mars par la police
municipale, inquiète de ne pouvoir assurer la
sécurité des participants,
menacés par les manifestants religieux.
Les
participants de la conférence, qui étaient
déjà sur place, ont été
confinés 24 heures dans leurs chambres, sous la
menace des groupes
radicaux, qui interdisaient toute
entrée
ou toute sortie de l’hôtel. Finalement,
c’est sous forte escorte
policière que les militants LGBT (lesbiennes,
gais, bi et trans), une quarantaine
de délégués internationaux venus de 16
pays, et une quarantaine de citoyens
indonésiens, ont pu être
évacués dans la nuit du 26 au 27 vers
des lieux
plus sûrs.
Le
Comité IDAHO, dont le Coordinateur international,
Joël Bedos, participait à la
conférence, exprime toute sa solidarité
aux organisateurs indonésiens,
qui ont manifesté un courage exceptionnel en tentant de
discuter avec les
groupes radicaux. « Nous avions dû nous
réfugier dans les chambres,
témoigne Joël Bedos, et nous y étions
confinés, car une foule d'hommes se
tenait devant l'immeuble, et hurlait des menaces dès
qu’ils voyaient une
personne à la fenêtre. »
« Malheureusement,
nous avons du céder devant les menaces, mais le plus
important pour nous était
d’assurer la sécurité de
tous », a estimé P.,
présidente de l’organisation
LGBT de Surabaya, ville où devait se dérouler la
conférence. « Nous sommes
choqués par la situation et par le fait que dans notre pays,
la police ne
puisse assurer notre sécurité en tant que simple
citoyens, se réunissant à
titre privé. Rien dans nos lois n’interdit
l’homosexualité, et notre présence
dans cet hôtel n’a rien
d’illégal. C’est la milice qui commence
a faire la loi
ici. Si cela se poursuit, c’est la fin de la
République ».
«Il est
incroyable que nous soyons obligés de demander
l’anonymat dans la presse,
renchérit K., le président d’une autre
association LGBT nationale. L’année
dernière, pour la journée mondiale
contre l’homophobie et la transphobie,
nous avons organisé des événements
dans de nombreuses villes du pays, et il n’y
a eu aucun problème. Jusqu’ici, nous
étions vus comme un bastion de liberté
dans le monde musulman. Mais les groupes radicaux ont l’air
bien décidés à
prendre d’assaut cette bulle de liberté et de
tolérance, qui caractérisait
jusqu'ici notre société. »
Le Comité
IDAHO, l’organisation qui promeut au niveau mondial la
Journée mondiale contre
l’homophobie et la transphobie,
célébrée dans plus de 60 pays le 17
mai de
chaque année, a vécu ces
événements avec indignation. Le Comité
IDAHO remercie
la diplomatie française, qui s'est montrée tout
à fait réactive en la
circonstance, et souhaite que le gouvernement français et
les instances
européennes demandent des explications aux
autorités indonésiennes, qui se
montrent incapables d'assurer la sécurité de
simples citoyens, désireux d'organiser
dans un hôtel une conférence sur les des droits
humains.
Par
ailleurs, Louis-Georges Tin, président du Comité
IDAHO, a déclaré à cette
occasion : « Ces incidents
scandaleux confirment toute l’urgence
de la campagne du Comité IDAHO
« religions, homophobie,
transphobie », que nous lançons justement
cette année. Nous ne pouvons
laisser des discours radicaux et marginaux monopoliser l'espace public
par la
force et la menace. Qu'ils soient musulmans, chrétiens,
juifs ou autres, les
croyants, dans leur grande majorité, doivent
s'inquiéter, et protester contre
ces agressions homophobes et transphobes, menées sous
couvert de religion. On
ne saurait utiliser la foi pour justifier l'injustifiable. Et nous
souhaitons
travailler avec les croyants de bonne volonté, qui refusent
que l'on puisse
instrumentaliser la religion pour cautionner la violence homophobe et
transphobe. »
Contacts
presse :
A
Surabaya : Joel Bedos, 06 64 71 59 21 A Paris : Louis-Georges Tin, 06 19 45 45 52
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