Jean-Marie Cavada,
député européen – Parti du
Nouveau Centre
Monsieur Cavada
commence
par rappeler qu’en France, il est des causes pour lesquelles
les politiques
doivent avoir le courage d’être des
précurseurs, par exemple :
- pour le droit à l’avortement
- pour l’abrogation de la peine de mort
Pour les droits et l'insertion complète dans la
société des couples homosexuels,
il en est de même ; il y a des moments ou le sursaut
politiques doit agir pour
que la société fonctionne "normalement" - sans
violence qui finit par
s'exprimer autrement. Ceci serait générateur de
liberté et de bien être, dans
l'intérêt des couples et des enfants. Personne ne
devrait interdire à quelqu’un
d'avoir un enfant. Qui plus est, comme l'homosexualité est
encadrée par des lois
la protégeant, alors il faut aller jusqu’au bout
de ce raisonnement et accorder
les même droits aux couples homoparentaux, avec les
mêmes dispositions juridiques
pour protéger les familles et l'enfant.
J.M. Cavada rappel que dans son parti politique c'est une opinion
très controversée,
mais partager par son chef de parti européen – le
parti du nouveau centre.
Et en
cela le cadre européen peut être plus utile car il
est supranational, plus
rassurant et plus dépassionné.
Carme Porta, ministre des affaires familiales de catalogne - Espagne.
Madame Porta
nous explique comme le gouvernement catalan a créer un
programme
d'accompagnement des couples homoparentaux, en l'occurrence depuis 3
ans, en collaboration
bien entendu avec des associations LGBTQI nationales et
internationales ?
Car l’Espagne est un pays ou même si les
minorités sexuelles ont le droits au
mariage et à l’adoption etc. (comme un petit
paradis selon certain-e-s). Néanmoins,
il faudra visiblement du temps pour que la population
générale comprennent
totalement, et donc acceptent pleinement les couples homosexuels comme
les égaux
des couples hétérosexuels.
En cela l'Espagne observe des avancées notables en la
matière, dans un pays qui
fait figure de précurseur sur ces questions en Europe,
notamment dans cette
logique cohérente d'acceptation sans condition des
minorités sexuelles et de
lutte contre la lesbophobie, l'homophobie, la transphobie.
Le constat étant clair : il ne suffit pas de voter des lois,
encore faut-il éduquer
le corps social et appliquer au mieux ces lois au quotidien. En cela
les
tendances politiques des uns et des autres responsables politiques,
n'aident
pas toujours les couples homoparentaux dans telle ou telle
circonscription d’Espagne.
Jean-louis
Roumégas,
porte-parole national des verts.
Monsieur
Roumégas
nous rappel le principe d'égalité des droits pour
lesquels les verts militent ;
le droit doit être a la hauteur de la
réalité vécue par les couples
déjà
homoparentaux ; et à la hauteur de nos aspirations
à l’égalité entre homos et
hétéros
; enfin, il faut une harmonisation au niveau européen.
Concernant le droit au
mariage, contrairement a ce qui vient d'être dit les sondages
tendent à montrer
que les français sont majoritairement favorables au mariage
homo, contrairement
a ce qu'il en était pour l'avortement ou la peine de mort.
Ce sont donc les
politiques qui sont en retard, trop frileux, trop conservateurs pour
des raisons
électorales selon lui.
La question des mères porteuses doit être
là aussi pour les verts celle d'une
égalité des droits, sans pour autant faire
l'impasse sur les questions ayant
trait a l'encadrement a ce genre de pratique (ex : pas de
mère porteuse payée
pour ses "services").
Miguel Vale de Almeida,
député
européen et ministre portugais – parti socialiste.
Pour lui ce
n'est pas une question de conservatisme, mais bien une question de
stratégie
politique de la part de la communauté LGBTQI. Le Portugal
accorde aujourd’hui
le droit au mariage mais pas l’adoption pour les couples
homosexuels. Les
militants LGBTQI ont commence par faire inclure dans leur constitution
l'interdiction de toutes formes de discriminations envers les citoyens.
Ensuite
ils ont fait admettre, pour les hétérosexuels
comme pour les gays, qu'un couple
qui "de facto" vivant ensemble depuis deux ans, a les même
droits que
les couples mariés. Ensuite ils ont
négociés le mariage, en refusant toute
forme d’équivalent d’un pacs ou d'une
union civile, qui aurait été une forme de
compromis : ils ont mis la barre très haut et sont
restés fermement campés sur
leurs positions. Le grand combat aujourd’hui étant
pour eux les droits a l'homoparentalité,
pour les couples homoparentaux de même que pour les couples
qui veulent le
devenir. Il est très optimiste pour que cela soit possible
dans les deux ou
trois ans à venir, du moins au Portugal ; pour lui les
données sociologiques
comme politiques semblent converger vers cela. Monsieur de Almeida
croit au potentiel
éducatif des lois. Pour autant l'homophobie reste toujours
tapie dans l'ombre ;
il faut y aller pas à pas, car il y aura toujours
quelqu’un pour dire « ok,
vous pouvez vous marier mais pas procréer naturellement ou
avoir des enfants
par le biais de l’adoption ;
« ok, vous pouvez faire ca mais pas
ca »…
En cela, certains homophobes irréductibles cherchent
toujours à réduire les
couples homosexuels à leur sexualité.
Najat vaillaud-belkacem - secrétaire
nationale du parti socialiste français,
en charge des questions de sociétés.
Qu'est ce qui bloque en France, lorsqu’on voit que
ça avance si vite chez nos
voisins !? On est souvent surpris par le nombre de conservatismes
à affronter :
religieux, politiques, mais aussi chez des gens soi disant
très progressiste
qui parlent de « lobby gays »
– parfois des féministes elles-mêmes.
Pourtant
il n'est pas question de travailler en termes
d'intérêt catégoriel, mais de
travailler pour l'ensemble de la société qui
profiterait d'une libéralisation
des mœurs, de plus de liberté, plus
d'égalité pour tous. Il faut tout
simplement rejeter le jugement moral et normatif, du style
« c'est la
nature ». Ce qui importe c'est donc d'analyser
l'état de nos sociétés ;
selon l’INED ou l'APGL, il y aurait entre
40 et 200 mille couples homoparentaux en France !
Ceux qui ont peur d'ouvrir une
« brèche » n'ont rien
compris. Et ceux
qui s'y oppose aussi, n'ont rien compris a ce monde qui a
déjà changé -
coparentalités,
pluri parentalités, pacs et union libre, etc.
D'autant plus que les français seraient prés de
57 % à être en faveur du droit
à l’adoption pour les couples homosexuels.
Pourtant l’état français refuse de
changer. C'est le juge qui nous force à changer, mais
seulement de manière parcellaire
; il y a des progrès en terme de lutte contre les
discriminations, mais tout
même en créant un cadre juridique incertain et
incohérent, qui ne protège pas
correctement ni les enfants ni le second parent.
Il faut convaincre sur deux blocages attendues :
- L’intérêt supérieur de
l'enfant souvent évoqué, à propos des
conséquences en
grandissant dans un environnement affectifs stables, mais
éloigné de la norme
majoritaire. En cela l’on peut juger selon les
études scientifiques, avec le recul
de plusieurs décennies - jamais l’on a
constaté d'impact selon les services
sociaux ! Jamais cela n’a été un motif
invoqué. Le vrai seul problème étant
que
les enfants souffrent des préjugés de leurs
camarades, ou des autres parents.
Le rôle de la loi devrait être de faire avancer la
société ; il semblerait que
ce soit l'inverse.
- Le second argument justifiant un tel conservatisme sur ces
problématiques, c’est
celui du droit à l'enfant souvent invoqué - en
quelque sorte oui, il y a un
droit à l’enfant puisque personne
n'empêche une femme non stable (drogues,
dépendances,
instabilité émotionnelle...) d'avoir un enfant.
Alors on pourrait parler plutôt
d'un droit à la parentalité - la
possibilité pour quiconque qui souhaite avoir
un enfant, de se faire aider par la société. Ce
ne serait pas une obligation de
résultats mais bien une obligation de moyen !
Anne hidalgo, première adjointe au
maire de
paris.
Madame Hidalgo nous dit tout son soutien et
réitère l'affirmation des
convictions du maire de paris et de sa famille politique. Elle nous
rappel que
pour le parti socialiste, la famille est plus une construction sociale,
plus qu'une
construction d'après un « ordre
naturelle ».
Et en cela la ville de paris qui est aussi un département,
milite concrètement
pour que, par exemple, les conseillers municipaux pacsé-e-s
bénéficient des
même droits et devoirs que les couples
hétérosexuels.
Les femmes et les hommes politiques doivent également
être des militants pour
l'égalité des droits de chacun, et la lutte
contre les discriminations. Il faut
reconnaitre que la singularité de chacun enrichit le vivre
ensemble pour tous
les citoyens français.
Question du publique adressée a l'UMP
qui
n'est pas là :
En vertu de quoi certains politiques refusent
l'égalité des droits aux minorités
sexuelles. La loi française en effet refuse certains droits
aux individus :
- aux mineurs non responsables, nous le sommes pas.
- aux malades mentaux, nous ne le sommes pas.
- aux criminels, nous ne le sommes pas.
Ps : à chaque fois l’UMP a bloqué les
lois ou amendements sur le sujet. Qu'est
ce que la droite au pouvoir prévoit en matière
d'homoparentalité ? Monsieur Dominique
paille n'étant pas la...
Les organisateurs nous disent regretter l'absence de l’UMP et
le départ précipité
de monsieur Cavadas.
Enfin, ils rappellent que les droits de l'être humains ne
devraient rien a voir
avec la couleur politiques ou les croyances ; que la lutte contre les
discriminations profitent a l'ensemble de notre
société. De ce point de vue la,
nous sommes en retard en France