HM2F    |  Compte rendus des réunions  -  Femmes & Féminités





Pourquoi Parler de "Femmes et Féminités" ...!?

Lorsque nous avons créé le groupe "Femmes et Féminité" au sein du collectif citoyen HM2F, loin de nous l'idée de créer un "ghetto" pour femmes au sein de l'association : c'est tout l'inverse. Nous sommes parti du principe que l'homophobie est tout autant, si ce n'est plus, une tentative d'imposer un modèle hégémonique, patriarcal et hétérocentré, que le rejet d'une féminité de plus en plus ouvertement assumée par certaines femmes en général, et par certains hommes en particulier : les homosexuels. C'est là un rejet ou une forme de castration de la féminité qui s'exprime d'autant plus clairement dans des milieux familiaux considérés, à tort ou à raison, comme des milieux familiaux machiste.

 

Car même si Islam, en arabe cela veut dire « être en Paix » - cela fait référence plus précisément encore à un processus en devenir, en perpétuel accomplissement. Force est de constater pourtant que bon nombre de musulmans radicaux ne semblent pas en paix avec la représentation qu’ils ont de la féminité. Effectivement, le corps féminin doit selon certains radicaux musulmans être voilé, impénétrable aux regards de l’inconnu. Alors même que des théologiens musulmans de France réaffirment à qui veut bien l’entendre, que le voile n’est pas une pratique islamique immuable, que cette pratique ne fait pas parti des fondements même de l’islam ; que le voile était une pratique particulière déjà à l’époque des premiers musulmans, qu’elle n’a plus de sens dans notre contexte géopolitique actuel, ici en France au 21ème siècle (Tarek oubrou – « profession Islam », Albin Michel, 2009).  A quel genre d’affect perturbé, associée à une représentation identitaire non résolu, une telle dysphorie est-elle alors due ?

 

Il est probable que ce soit la passivité, la faiblesse, que ces musulmans radicaux associent à la féminité, qui leur pose véritablement problème. Eux, qui semblent être partisan d’une masculinité toute puissante, hégémonique, sans rival, en ces temps où l’islam semble attaquer de toutes parts, et surtout de l’intérieur. Dans un tel modèle patriarcale dominant, la féminité n’est-elle pas l’un des symboles d’une faiblesse coupable de prêter le flanc, d’être responsable de tous les malheurs qui accableraient l’Islam !? En un mot, en ces temps de troubles et de conflits, de remise en question incessantes, de réforme de la représentation identitaire des musulmans de France et d’ailleurs, la féminité – affichée par certaines femmes en général, et par certains hommes en particulier - semble être le bouc émissaire idéal pour des radicaux, en l’occurrence musulmans, en recherche de sens immuable, de stabilité sans concessions, de partage du pouvoir (Tariq Ramadan – « La réforme radicale », Presse du Chatelet, 2008).

 

Au sein d’un tel modèle patriarcal, où la masculinité doit être toute puissante, conquérante, dominante, les hommes doivent avoir – toujours selon le modèle hégémonique islamique radical - une sexualité et un genre en concordance avec leur sexe. Pourtant la Nature en a décidé autrement. Des femmes affichent publiquement les atours de leurs féminité, et des hommes de plus en plus nombreux – qu’ils soient homosexuels ou non - veulent assumer publiquement leur part de féminité, ainsi que leur homosexualité passive. Alors, quelle plus grande ignominie pour de tels radicaux, qu’un homme qui serait porteur, au grand jour, de cette féminité, de cette passivité pénétrée, associée de fait à la faiblesse inhérente à toute forme de féminité, selon eux. La question est de savoir s’il en a toujours été ainsi de cette violence homophobe, exprimée sans complexe par des radicaux qui ne sont pas en paix avec cette féminité portée par certains hommes de manière assumée et au grand jour, désormais au cœur de l’espace publique.

 

Nous pensons en effet qu’encore plus que la féminité, associée à la passivité et à la faiblesse qu’il faut cacher, c’est l’homosexualité passive, pénétrée, féminine, assumée au grand jour, qui serait le symbole par excellence d’une faiblesse intolérable dans l’espace publique, aux yeux de ces radicaux musulmans. Le parallèle entre la représentation liée à la femme et celle liée à la féminité de certains hommes, nous permettra de mettre en perspective la réalité de la représentation liée à la féminité au sein de l’Islam. Pour autant, il ne nous faudra pas manquer de mesure et de subtilité, afin de tenter de déterminer si la féminité est haïe par les musulmans radicaux, qui voudraient la cacher, l’éliminer de l’espace publique, la castrer en quelque sorte. Ou, bien au contraire, si les représentations dysphoriques à l’égard de la féminité en général, sont portées par ces radicaux qui seraient motivées par un amour de la Féminité – figure de la mère - irrépressible, idéalisé, immature, incapable de la considérer comme un sujet à part entière, porteur de sa propre forme d’altérité. Ce serait là un amour de la féminité castrateur, qui ne condamnerait pas la féminité en soi ; plus encore, ce serait là un amour réducteur, interdisant aux hommes d’être porteurs d’une féminité considérée comme sacrée, emprisonnant les femmes dans une représentation sociale qui les infériorise justement parce qu’elle les idéalise ; une représentation identitaire qui enfermerait tout autant les hommes dans un genre – et un rôle social – prédéterminé. C’est la raison première de la création, au sein du collectif citoyen des HM2F, d’un groupe dédié à la réflexion et à l’action autour de la dysphorie liée à la condition de la femme et à l’acceptation inconditionnelle de toute forme de féminité. Aujourd’hui, parler de misogynie sans parler d’homophobie – et inversement-, c’est faire le jeu des radicaux et des extrémistes qui ne demandent qu’à nier une problématique complexe, qu’il faut par conséquent tenter d’analyser en détail et avec force mesure...

L.Zahed - fondateur et porte-parole, doctorant en anthropologie du fait religieux

La suite, disponible dans le Livre vert - Tome II (publication prévue pour avril 2011)

Livres verts  (disponible en ligne, cliquez ici)







Au vue du nombre de nos activités qui depuis janvier 2010 se développent de manière exponentielle, veuillez nous demander les comptes-rendus de nos réunions et de nos activités directement par email - accueil.partage.HM2F@gmail.com






            Journée internationale de la Femme  (jeudi 8 mars 2012)

   



Débat "Féminisme et Islam"

Jeudi 8 mars à 19H

 Débat proposé par Humanity in Action et l’Institut des Cultures d’Islam dans le cadre du Festival International du Film des Droits de l’Homme et à l’occasion de la journée de la femme.

Comment la religion peut-elle être une voie d’émancipation pour certaines alors qu’elle est un frein à l’autonomie pour d’autres ? Féminisme, Islam, des termes souvent opposés, une thématique galvaudée, et pourtant, toute féministe, quelle que soit son identité religieuse, tend vers un même objectif : l’égalité des droits entre les hommes et les femmes.

Au delà des différences d’approche, quels points de convergence, quel dialogue ?

Un débat avec :

  • Nacira Guénif-Souilamas, sociologue et vice-présidente de l’ICI
  • Monique Crinon, Présidente de l’IPAM / Initiatives Pour un Autre Monde
  • Mariame Tighanimine, de Hijab and the City
  • Samia Allalou, chargée du fonds documentaire du Fonds pour les Femmes en Méditerrannée

Animé par Judith Ijtihad Lefebvre, membre de HM2F et de HIA < Network France 

Consultez également l'émission de TV5monde 

"Femmes et LGBT en révolution"









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              Cinéma à Paris - "En secret"     (mardi 14 février 2012)


Nous étions dix, dont quatre soeurs, a assiter ce soir de la saint-valentin à la projection sur Paris du film "En secret"...



En secret de Maryam Keshavarz (sorti le 8 février) raconte une histoire d'amour interdite entre deux jeunes femmes en Iran. Et révèle le talent d'une jeune comédienne franco-iranienne qui est passée avec éclat et réussite des bancs d'une fac de droit parisienne aux plateaux de cinéma. Sarah Kazemy nous raconte cette aventure qui en promet beaucoup d'autres à venir... (Lire tous l'article sur L'Express.fr).






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              Cinéma à Paris - "La source des femmes"     (dimanche 20 novembre 2011)

Salam 'alaykom oua rahmatolah oua barakatoh.

                Nous étions trois HM2F ce dimanche là pour voir le film intitulé "la source des femmes"...

                Cela se passe de nos jours dans un petit village, quelque part entre l'Afrique du Nord et le Moyen-Orient. Les femmes vont chercher l'eau à la source, en haut de la montagne, sous un soleil de plomb, et ce depuis la nuit des temps. Leila, jeune mariée, propose aux femmes de faire la grève de l'amour : plus de câlins, plus de sexe tant que les hommes n’apportent pas l’eau au village...








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              "L'orient des femmes"     (samedi 19 février 2011)

Salam 'alaykom oua rahmatolah oua barakatoh.

                 

    Nous étions 9 personnes à se rejoindre le samedi 19 février pour la visite de l’exposition "L'orient des femmes" dirigée par Christian Lacroix. Furent présents :
- 5 membres - 1 nouveau - 3 nouveaux sympathisants. L'exposition est présentée au musée du Quai Branly du 8 février 2011 au 15 mai 2011. Nous avons ainsi pu observer une sélection de robes, manteaux,voiles et autres coiffes portées par des villageoises de Syrie jusqu'au plateau du Sinaï.

    L'orient des femmes vu par Christian Lacroix " Véritable hymne aux femmes orientales, l’exposition dévoile un autre visage des femmes, du nord de la Syrie à la péninsule du Sinaï, en présentant un ensemble exceptionnel de 150 costumes et parures traditionnels du Proche-Orient, sélectionnés par le couturier Christian Lacroix, avec le concours de Hana Chidiac, responsable des collections d'Afrique du Nord et du Proche-Orient du musée du quai Branly."

      La visite fut agréable et instructive. Quelques photos furent prises. Elles seront envoyées sur demande écrite au groupe F&F. A cette occasion nous avons eu le plaisir d'accueillir S. pour qui ce fut la première rencontre avec les membres de l'association. La visite de l'exposition s'est suivie d'un thé au salon du musée.

Sanaa et Nabil
Les administrateurs responsables du groupe "Femmes & Féminités" de HM2F









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                       "APPEL : Musulmans citoyens pour le droit des femmes"  -  8 mars 2011
(à l'initiative de Respect Mag, en collaboration avec SaphirNews - avec la participation de Madame Bariza Khiari, sénatrice de Paris)


Depuis le début du XXème siècle, le 8 mars est dédié à la progression des droits des femmes et de la notion d’égalité.

Ce 8 mars 2011, depuis la France, des citoyens de foi, de culture ou d’héritage islamique contribuent à ce combat citoyen pour l’égalité et contre le sexisme. Nous considérons que ce combat concerne toute la société et que, dans un même élan, toutes ses composantes et spécificités doivent se mobiliser.

Nous affirmons, haut et fort, que rien dans notre croyance, notre pratique ou notre héritage islamique ne justifie que l'on discrimine quelqu’un en raison de son genre.

Nous condamnons ainsi toutes les discriminations, notamment à l’emploi et aux salaires, dont les femmes sont victimes. Nous dénonçons toutes les formes de violences faites aux femmes, qu’elles soient physiques ou morales. Des violences qui touchent tous milieux sociaux et culturels.

Nous considérons que l’égal accès à toutes les formes du savoir est une des conditions premières de l’égalité. Toute remise en cause est inacceptable.

Nous déclarons que personne n’a le monopole des luttes pour les droits des femmes qui concernent chacune et chacun.

Nous observons que le sexisme n’est pas le propre de certaines populations et que les quartiers populaires n’en ont pas l’exclusivité, contrairement à ce qu’affirment bien des discours ambiants qui se complaisent à enfermer les hommes musulmans dans des caricatures machistes, et à désigner les musulmanes comme victimes exclusives de ces comportements.

Définitivement, nous voulons sortir de ce paradigme et de ces logiques de confrontations.
 
Nous affirmons ici que le divorce comme la contraception sont des droits. De même que le choix de son conjoint. Et plus généralement, nous déclarons que les choix de vie individuels doivent être respectés.
 
Nous dénonçons les amalgames qui, par méconnaissance ou par instrumentalisation, sont faits entre certaines traditions et notre héritage islamique. Nous condamnons avec vigueur la pratique de l’excision qui n’est, en rien, une prescription religieuse et appelons à la combattre.
 
Nous affirmons  l’égalité et l’égale dignité de tous les êtres humains, quels que soient leur sexe, leurs origines, leur religion ou leur mode de vie. C’est l’esprit qui nous anime.

ENGLISH

Muslim citizens for women's rights

Since the early twentieth century, March the 8th is dedicated to the advancement of women's rights and the notion of equality.

This March 8th, 2011, from France, citizens of faith, culture or Islamic heritage contribute to the struggle for equal citizenship and against sexism. We believe that this struggle concerns the whole society and that, in the same spirit, all its components and features must be mobilized.

We say loud and clear that nothing in our belief, our practice or our Islamic heritage could justify discriminations against someone because of her gender.

And we condemn all forms of discrimination, including those for employment and wages, toward women. We denounce all forms of violence against women, whether physical or moral. A violence that concerns all social and cultural backgrounds.

We believe that equal access to all forms of knowledge is one of the primary conditions of equality. Any questioning is unacceptable.

We declare that nobody has the monopoly of the struggle for women's rights that concerns each and everyone.

We observe that sexism is not specific to certain populations and that the popular neighborhoods do not have a monopoly, contrary to what has been affirmed by many ambient speeches which imprison Muslim men in macho caricature, and which designate Muslim women as victims of these exclusive behaviors.

Definitely, we want to get out of this paradigm and its logic of confrontation.
 
We affirm here that the divorce and contraception are rights. Just as the choice of spouse. And more generally, we declare that individual lifestyle choices should be respected.
 
We denounce the amalgam which, through ignorance or manipulation, is made between some traditions and our Islamic heritage. We strongly condemn the practice of female circumcision which is, in no way, a religious requirement and call to fight that practice back.
 
We affirm the equality and equal dignity of all human beings, whatever their gender, origin, religion or lifestyle. It is the spirit that animates us.












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              "Islamophobie, antisémitisme et homophobie : la trinité diabolique de la Discrimination" (témoignage)

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Ma rencontre avec Louiza a eu lieu devant l’origine du monde de Gustave Courbet - au musée d'Orsay à Paris. Je vois une jeune fille très belle au type maghrébin admirer cette toile. Je suis intrigué et je décide de l'aborder. Le courant passe très rapidement entre nous. Elle me dit qu'elle a un peu de temps et nous décidons de faire plus ample connaissance devant un verre. Je lui propose le bar Le carré dans le marais, elle est d'accord. Trois quarts d'heure après, nous nous retrouvons dans ce lieu sympathique et cosy pour parler.

Elle se décrit comme quelqu'un de très réservée. Elle me dit qu'elle a 28 ans, qu'elle est musulmane pratiquante et lesbienne. Elle travaille dans l'informatique et a un petit Adonis, âgé de deux ans, issu d'un mariage arrangé. Elle n'a pas eu la vie très facile car longtemps, elle s'est cachée de tous et surtout d'elle-même. De son mariage, Louiza parle peu. Elle m'avoue entre deux mots qu'elle n'a pas eu la force de dire non à ses parents. Emportée par le dévouement de sa famille algérienne, elle s'est laissée dirigée comme une marionnette. Tant d'amertume et de regret dans le son de sa voix. Elle est de nature optimiste et trouve dans son fils et Allah tout le réconfort qui lui permet de vivre.

Aujourd'hui divorcée de son mari, elle vit en couple avec une jeune femme de confession juive. Elle me dit qu'elle est heureuse même si parfois elle se sent triste de ne pas pouvoir partager son bonheur avec sa famille. Parfois, Louiza aimerait tout leur avouer mais elle sait au fond d'elle-même que

ses parents la rejetteraient et surtout lui prendraient son enfant. Elle n'a que des rapports superficiels avec eux et va les voir pendant la période des fêtes saintes à Caen. Je lui demande si je peux rencontrer un jour son amie juive, car tant d'ouverture religieuse force mon respect et titille ma curiosité. Et j'ajoute que leur couple est très beau et très rare et que cela me fait plaisir d'entrer dans leur univers. Elle me convie à venir chez elle demain pour rencontrer Clara (...)

Une fois dans leur appartement, je fus vivement surpris. J'avais l'impression d'être chez une célibataire, et rien ne présageait qu'un couple lesbien avec enfant vivait ici. Aucune photo d'elles ensemble, aucun effet personnel, seulement des ustensiles banals et communs. Je lui pose donc la question. Elle me répond que la méfiance les empêche de s'installer comme une vraie famille. Elles préfèrent vivre ainsi, cachées même dans leur lieu le plus intime. Clara confirme qu’elles préfèrent vivre dans le secret plutôt que d'assumer ce qu'elles sont.

 

Qu’Allah-Yahvé leur vienne en aide et continue de les soutenir de tant d’amour ! - Samy, après un entretien avec Louiza & Clara.

 

 





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        "La légende d'une féminité assumée par certains hommes"  (témoignage)

C'est une longue histoire que l'histoire qui me lie au Henné, j'aime le henné comme un artisan aime sa création. Le henné est une passion, que je ne cesse de mettre en avant. Au delà de sa couleur et des beaux dessins qui raffinent le corps, je suis aussi attiré par sa symbolique et le sens profond que cette pratique -mettre le henné - apporte. Le henné devient un lien, entre moi qui le met, la personne à qui je le mets et Allah.

Si je dois revenir à mon enfance, la première chose qui me viendrait à l'esprit est la présence quasi sacré du Henné dans les mariages et les fêtes musulmanes. Mon intérêt pour le henné n'a cessé de grandir avec le temps, et bien évidement comme dans toute société machiste, il fut contesté : Les hommes voyaient en cette pratique un développement de la féminité, ma féminité. Quant aux femmes elles voyaient en cela un manque de virilité.

Cette contestation de la part de mon entourage me poussa à travailler le henné très discrètement, loin des autres, et à l'appliquer sur mon propre corps. C'était difficile, parce que j'avais toujours peur que quelqu'un me surprenne et le dise à la famille.

Ce n'est que très récemment que les gens ont acceptés de me voir faire du henné. Il faut dire que, malgré les mentalités obtuses, il y'avait aussi des gens indulgents : des hommes et des femmes qui voyaient en cela un art à part entière, et trouvaient que dessinaient avec le henné rejoignait a part égale le dessin, la peinture et la musique.

Aujourd'hui, je peux dans les différents mariages le mettre au marié et à la marié, cela se passe généralement lors de la cérémonie du henné qu'on nomme – en Inde et au Pakistan - : MEHENDI, qui signifie « henné » en langue Ourdou ; cette cérémonie ayant lieu le plus souvent le Samedi.

 

Chez nous, une ancienne légende Chiite dit :

« … que la femme qui meurt le henné à la main sera reconnue par la Reine du Paradis, Fatima Az-Zohra (que la bénédiction d’Allah soit sur elle) comme étant une de ses adeptes … Il est le symbole de la virginité éternelle au paradis. Il est dit que la plante qu’Allah aime le plus en ce monde est la plante du henné, ce qui sacralise son essence. Il est d'une couleur (acajou, couleur de la passion) qui ravie le cœur de l'amoureuse dans l'intimité attendant la venue de son bien aimé lors de la nuit de noce.

Le henné symbolise la fertilité du cœur, siège de l’amour. Les motifs du henné sont souvent des fleurs, des feuilles, des branches semblables à l'arbre du Touba qui s'enracine profondément sur la montagne céleste de Qaf.  Dieu planta l'arbre de Touba de Sa Main dans le jardin de l'Amour et lui insuffla de Son Esprit.

La terre où il est planté est faite de musc et d'ambre, mêlé du camphre et cette terre est plus blanche que la plus blanche des neiges, et sent si bon que nul ne peut décrire son odeur exactement. Le tronc de cet arbre est de rubis et ses branches d'émeraudes. Ses feuilles, faites de velours, ont la forme d'oreilles d'éléphants. Ses fleurs sont d'or, le plus beau qu'on pourrait décrire. Les fruits sont en forme de perles. Ils sont plus blancs que la neige et plus limpides que le cristal... »

 

«Je dessinerai cet Arbre sur ton dos Qalbi ; Comme s'il s'enracine sur le Mont Qaf » 

L'autre aspect du henné est son caractère éphémère comme la création. Toutefois, il est éternel dans la pensée de celui qui l'applique comme la création est éternelle dans l'instant présent. Rien dans les motifs du henné ne se ressemble, comme dans la création, rien n'est pareil.

« Le henné est l'ancre de mon sang ; Avec quoi j'attesterai mon amour pour toi ;

Sur Le livre de ton Coeur InshAllah »

 

 


Wassalam halaykoum oua rahmatou Allah oua barakatouh - Samy, inspiré par une discussion avec l'un de nos frères.









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        Groupe "Femmes et Féminité"  (dimanche 28 novembre 2010)


Malgré le froid perçant, nous étions six à partager fraternellement, de manière apaisée après une année associative bien chargée, autour des thèmes de religion, lesbianisme et féminité.

Nous avons déjeuné avec ce que chacun à apporter, fidèlement à la tradition de Partage et de générosité de notre Prophète bien aimé qui nous a dit : 

« La nourriture de deux personnes est suffisante pour trois, et celle de trois personnes est suffisante pour quatre » *

Puis nous avons visionné le film « When Night is falling »…



 

Nous avons fini notre après-midi autour d’un jus de fruit, en discutant de ce que ce film nous a inspire. Certains de nos frères nous ont parlé de la manière dont ils ont souffert psychologique de la pression sociale qui pousse certains hommes homosexuels à se comporter de manière plus dure avec leur proche, à être plus « masculins ».

Notre invitée d’honneur, la jeune « Lumière » venue tout droit de Singapour, nous a confié comment elle vivait au quotidien le fait de subir une triple discrimination : le fait d’être femme, d’être musulmane, d’être homosexuelle dans un pays où l’homosexualité est encore un crime, où l’on peut être placée en détention simplement pour le fait d’aimer une personne du même sexe.

 

Wassalam halaykoum oua rahmatou Allah oua barakatouh - L.Zahed

 

* Al-Bokhari - Livre des nourritures, Chapitre 4 - hadith 1892









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        1ère discussion du groupe "Femmes et Féminité"  (vendredi 22 octobre 2010)

            Treize participants ont été accueilli par notre sœur référente du groupe « Femme et féminité » dans une ambiance calme et agréable sur le thème : "Pensez-vous que le rejet de la féminité, en particulier celle afficher par certains hommes a un lien direct ou indirect avec l'homophobie?"
 
            Nos sœurs et frères ont développés ce thème, avec différentes réflexions tournant autour de :
- La misogynie.
-Différents degrés du Professeur KINZEY (Kinsey institute) : de 0 à 5===>L'Image du macho, de 5 à 10===> L'image de la femme bloquée dans un corps d'homme.
- Au niveau de l'amitié, si un ami est un peu efféminé et se promène dans la rue à côté de nous, le regard des autres; car certains ne veulent pas l'afficher mais et directement catalogué.
- Ceux qui refoulent leurs tendances ou leur homosexualité.
- les clichés: pas de moustache, la façon de s'habiller (à Dubaï par exemple, pas de marcel).
- arrêter les caricatures sexuelles.

 
L'origine, la culture, l'éducation:


- Même si on vit dans un pays laïque, c'est un pays majoritairement catholique donc les anciennes réflexions face à l'église, ce n'est pas notre culture.
Par exemple pour certains, la femme est au foyer, le mariage et les enfants même si la société française, il y a le droit au travail pour les femmes, Y'a-t-il la parité en société? Par exemple dans le parlement français...ou dans les entreprises.
- Dans les années 70, les actrices égyptiennes se montraient en maillot de bain.
- Certains individus sont retissant envers la féminité de certains hommes en raison de la culture.
- Le propre vécu, la défense des valeurs.
- L'islam est égalitaire. Le respect de l'acceptation.

Votre tout dévouée référente du groupe "Femme et Féminité" – Sabrina.

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        ICEW - conférence internationale des femmes et des lesbiennes musulmanes (23-26 septembre, Cape Town - Afrique du Sud).

Une conférence organisée par nos soeurs et frères de TIC


Il est de notre devoir de nous entraider, car le Prophète de l'islam a dit :

"Nul d'entre vous ne sera un vrai croyant tant qu'il n'aime pas son frère ce qu'il aime pour lui-même"
(Le jardin des vertueux, chapitre 22).

       


Qui: TIC (The Inner Circle)
Où:  Cap Town en Afrique du Sud
Quand: Vendredi 24 au Dimanche 26 septembre 2010
 
Thème : "Défions le patriarcat et développons le pouvoir des femmes musulmanes."


Le collectif citoyen HM2F compte près de 35% de femmes, donc plus que dans la moyenne des associations LGBTQIA de France. Cela est dû en grande partie au fait que nous facilitons de manière proactive l'adhésion, la visibilité et la participation active des femmes. 

En cela, HM2F a entièrement financé le voyage de deux de nos sœurs (et facilité le voyage d'une troisième, en collaboration avec TIC) à la ICEW – « international conference for empowering women » ou la conférence des femmes lesbiennes musulmanes - à Cape Town en septembre dernier. Voici le résumé des récits qu'elles nous ont fait de cette conférence des femmes musulmanes.

Nos sœurs nous ont dit avoir gardé un très beau souvenir de cette conférence, en particulier de cette femme -à son arrivée- qui disait se vouloir nouvelle et fière, vivante et sereine, en confiance et consciente de la Vie, libre de ses choix et de son chemin. Cette citation les aura accompagné tout au long de leur séjour, et avec le recul, elles ont compris qu’elles aussi c'est ce qu’elles veulent, pour elles, mais aussi pour toutes les femmes du monde, quelques soit leur sexualité, leurs origines. Toute femme a le droit de profiter de sa liberté individuelle.

Les rencontres que nos sœurs y ont fais les ont amené à vivre pleinement leur séjour, que ce soit la fête, le partage de pensées, de passions, les ballades dans l’arrière pays, le fait de se parler sincèrement, de rire, d’apprendre, de découvrir ensemble. Tous les éléments étaient réunis pour que leur voyage soit un tremplin d'émotion et de savoir.
Et les lectures analytiques des textes coraniques qu’elles ont effectuées les ont amenées à vivre pleinement. Aujourd'hui, elles ne se sentent plus coupables d'être ce qu’elles sont. Elles ont dissipé certains tabous et elles ont retrouvé confiance en leur religion. Même si elles nous disent ne pas avoir trouvé de réponse toute faite et que chacune d’elle à son idée propre sur la façon de vivre à l’avenir son affectivité et sa sexualité.

Comment ne pas manquer de la chaleur humaine des membres de l'association TIC qu’elles ont expérimenté durant ce séjour ? A chaque instant, nous ont-elles confié, ils étaient présents pour leur confort. Grace à eux elles ne se sont pas sentit étrangères sur les terres de Cap town. Cette ville est une mer de soleil incroyable ! Selon elles, le cœur y est touché de rencontres merveilleuses ; Extraordinaires... La nature, si belle, réelle et abondante… C’est de l’esprit libre à l’état brut que l’on respire dans ce pays !

                Un grand Merci à toutes celles et à tous ceux qui ont fait de cette conférence ce qu'elle a été : un moment de partage unique, riche et instructif...



Compte-rendu de notre soeur Hinda

1er jour :

Rendez-vous au sein de l'association à Cap Town pour partir tous ensemble à Leipzig, petite ville au milieu des montagnes, dans la campagne sud africaine.
On est reçu avec le sourire et un tee shirt au nom de l'assoc. Le lieu est magique, ensoleillé et les femmes avec qui je partage mes impressions sont sympathiques comme tout.
On est invité à prendre place à la salle de conférence et à commencer les présentations ainsi que nos motivations. On nous demande également d'écrire sur un quart de feuille rose nos souhaits pour le weekend. Des femmes d'Afrique (Afrique du sud, Ethiopie, Tunisie, Algérie, Ghana) d'Europe (France, suède, Angleterre) du Pakistan, du canada et même de Malaisie. Une trentaine en tout, de profession, d'âge, de religion, d'orientation sexuelle et genre différents.
Comme prélude on nous passe une vidéo avec l'imam Hendricks qui nous souhaite la bienvenue et béni de quelque prière notre rencontre. Il s'excuse également de ne pouvoir assister à notre rencontre car il est en déplacement.

Mâtiné bien chargée en rencontre, la deuxième partie de la journée est encore plus riche. Ce premier jour est un vendredi, il y a une khutba organisé et c'est par une femme. Seemi venu du canada nous fait entrer dans une atmosphère ou Dieu prône la paix, ou l'Homme doit apprécier le goût (el yakin) de la vie par l'effort et le recueillement. Elle nous explique les différentes interprétations de Alif, Lam, Mim, suivies de lecture, explications du coran, hadith, et poèmes religieux. On est pris au cœur, ses paroles pleines de douceurs apportent apaisement et larmes parfois. Un moment plein d'émotion et une grande première pour nous toutes. La journée se termine par des discussions et partages autour du diner ou après dans les chambres.

         


 
2ème jour :

La journée commence très tôt pour celles qui le souhaitent par le temps de prière du fajr. De façon collective et en plein recueillement.
Un climat friendly s'est installé entre nous. Nous avons des fous rires ensemble et on nous apprend même des gros mots expression en afrikaans.
La conférence commence ce matin là par la position des femmes dans la société et surtout dans la société musulmane. Le modèle de l'homme, le système patriarcal. On a constate qu'à l'extérieur du foyer, en société c'est l'homme qui a le pouvoir, qui décide pour sa famille. Mais qu'à l'intérieur de la maison c'est la femme qui décide de ce qui est bon pour les enfants et son mari. Alors faut-il changer tout ça? Dans le coran l'homme est égal à la femme, et leurs seul devoir est d'obéir à Allah alors pouvons-nous changer les rôles ou bien peuvent ils se partager les rôles? On a parlé du Prophète ASWS et de ses nombreuses femmes et l'on a remarqué qu'avec sa première femme Khadija, le couple n'était pas du tout dans les modèles actuelles. Alors, pouvons-nous suivre l'exemple du prophète? Changeons pour plus d'égalité. Pour donner un exemple de pays qui est différent, notre chère Malaisienne nous fait l'exposé de ses traditions dans son pays des préparatifs à la célébration religieuse. Un petit diaporama expérimental a suivit: c'est l'histoire d'un singe X vivant dans un groupe A avec d'autre singe. On l'extrait de ce groupe A et mis dans un autre groupe B avec d'autre singe, il est frappé par les autres singes. On le retire à nouveau de ce groupe B et on le remet dans le groupe A. Un nouveau arrive dans son groupe, et il le frappe, les autres suivent, ils imitent leur camarade. Le singe X est retiré du groupe et est ajouté un nouveau singe au groupe, et l'on constate que lui aussi est frappé comme signe d'accueil par les autre singes. Cette expérience est montré pour nous faire comprendre que la vie n'est qu’une imitation de ce qu'on nous apprend, n'est qu'une répétition de ce que les autres nous annonce comme bon ou mauvais, et qu'enfin nous ne savons plus l'origine de ses actions. C'est une sorte de bizutage. Ceci nous met en dessin le système patriarcal dans les pays musulmans.
 
La journée continue par diffèrent témoignage, on parle d'homosexualité. Comment elle est perçut en France, au Maghreb, au Ghana, en Angleterre. On parle du mariage et des peines de morts. On témoigne, on compare, on dénonce. Au Maghreb par exemple il y a beaucoup de gays mais aucunes lois pour les protéger, des associations peuvent exister alors qu'en Tunisie les associations sont interdites, les rencontres aussi. Le fichage et les peines de prisons de 3ans sont courante dans se pays de nord Afrique. Le tourisme sexuel est aussi évoqué. En France et en Angleterre il y a les lois, les associations qui protègent les homos. Mais le mariage n'y est toujours pas autorisé pour des pays qui soit disant soutiennent les droits de l'homme. Et enfin au Ghana, la bisexualité est une chose courante depuis des générations, où une femme mariée peut avoir une maitresse connue par son mari.
Ses différents témoignages ont été suivis d'un exposé pour présenter toutes les associations LGBTQI (Lesbien Gay Bi Trans Queer/Questionning and Intersex) existantes dans les pays musulmans et on constate qu’il n’y en a pas tant que ça. L'islam et la sexualité sont abordés par la suite. La réponse  à l'homosexualité  reste très fragile car comme le coran est multi-interprétationnel il y a pas vraiment de réponse. Que la sexualité et le genre sont des questions assez floues. Et puis on ne doit pas oublier le plus important c'est de croire en Dieu de tout son cœur, et dans sa vie du quotidien. D'agir selon les grandes lignes de l'islam et vivre avec une bonne intention pour son prochain.
On a continué après une pause avec une activité extérieure, il fallait ramasser quelque chose de la nature et expliquer pourquoi cet élément. C'était un moment de partage d'idée, de nos différents points de vue, de philosophie de la vie. Ca nous a permit de profiter du lieu, de communier avec la nature et de respirer l'air pur.  
La journée se termine par un moment de détente musical, de chants, de rire et plein de complicité.

         
 
 
3ème jour :

C'est le dernier jour, on sait qu'on va se quitter bientôt et calme est notre état d'esprit.
Nous commençons par un travail de groupe, comment procéder pour que les associations d'aides soient connus et surtout T.I.C. La réponse est de multiplier les moyens de communication. De surfer sur internet, à la radio, d'en parler dans les films, documentaires ou court métrage. Chercher des alliés, l'état, la région. Mettre à disposition des flyers, dans les écoles, les centres d'aides, de santé ou même dans les lieux gay. De mettre en place un manuel, pour les enseignants, de sexualité, de psychologie et des différentes lois. D'intervenir dans les écoles. De créer des liens inter-associations, LGBTQI/ VIH/ Religion...Mettre en place des hébergements d'urgence pour les problèmes les plus graves.
On a suivit par l'exposition des souhaits et espérances de chacune. On s'est réuni toutes en rond et chacune a cette petite feuille rose entre les mains où l'une d'entre nous a écrit son souhait deux jours plus tôt. Et chacune notre tour répondait pour l'autre et argumenté sa réponse. Une appréciation général a été conclu: une plus grande ouverture d'esprit, une acceptation de l'autre dans sa différence et une promesse: agir pour la liberté, le respect et la différence.
Après le déjeuner, les échanges de numéro, de mail et de câlins ont suivent. Et puis les au revoir aussi. On est monté dans le bus et l'on s'est éloigné de Leipzig.

       

The End :)




Wassalam halaykoum oua rahmatou Allah oua barakatouh - Hinda, merci à Samy pour son aide


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COLLECTIF CITOYEN POUR UN ISLAM DE FRANCE VÉRITABLEMENT INCLUSIF, 

& UNE LAÏCITE VÉRITABLEMENT RESPECTUEUSE DE TOUTES LES CROYANCES.

Porte-parole, L.Zahed

Au plaisir de bientôt vous comptez parmi nous.
http://www.homosexuels-musulmans.org
homomusulmans@gmail.com


   

HM2F, notre collectif citoyen, est coordinateur international de la conférence internationale
CALEM - financée en 2012 par le conseil de l'Europe et qui reçu le prix
Pierre Guénin de SOS homophobie -,
membre de la
Fédération LGBT,
du RAVAD, de l'ILGA ;
membre des collectifs interassociatifs Pinar Selek et IPERGAY, et
membre fondateur du MTE.

Le collectif HM2F est l'aboutissement d'une collaboration fraternelle entre des homosexuel(le)s (ou des citoyens appartenant à d'autres minorités sexuelles visibles) : qu'elles ou qu'ils soient athés, de confession juive, de confession musulmane, chrétienne, bouddhiste ou autre... C'est une grande fierté !
Et nous fomentons le secret espoir à la face du Destin, que cette pluralité et ce "vivre ensemble" citoyen et collégial,
restera la pierre angulaire sur laquelle nous continuerons de bâtir nos projets communs, inch'Allah.