| Contre
la violence - l'infrahumanisation
| Pour
un humanisme islamique progressiste, égalitaire La déshumanisation des minorités sexuelles Jack Fertig, en réponse à Tariq Ramadan "L'homosexualité est un choix" |
L'infra-humanisation, la
déshumanisation des minorités sexuelles
LGBTQI* par certains musulmans radicaux *Lesbiennes, gais, bisexuel-le-es, transidentitaires, queer, intersexes Aujourd’hui à l’aube du troisième millénaire en France et en Europe, qui peut encore se permettre de discriminer ou de stigmatiser un individu en raison de sa sexualité ? Qui pourrait priver un individu, et ce en raison de son orientation sexuelle, d’exprimer sa spiritualité sous une forme ou une autre ? Car force est de constater qu’aujourd’hui en Europe, nombreux sont ceux qui tentent de concilier traditions, foi religieuse, spiritualité humaine, avec ce qui relève du domaine de la vie privée : notre préférence affective et sexuelle, quelle qu'elle soit.
Selon les nombreuses études statistiques
en la
matière réalisées depuis plusieurs
décennies, tout porterait à croire que nous
serions plus de 100 millions de musulmans à être
homosexuels. Ou à faire partie
de ce que certains qualifient de
« minorité sexuelle »
(minorités pas
toujours visibles, surtout en terre d’islam), avec toutes les
controverses
qu’on peut imaginer au sujet de ce genre de classification [1]
En France, lorsque l’on est homosexuel de
fait et
d’une origine socioculturelle (ou issue d'un milieu familial)
musulman, on peut
heureusement s'appuyer sur l'arsenal légal de lutte contre
les discriminations
en vigueur dans notre pays (notamment grâce à la
HALDE : l’organe
gouvernemental représentant la Haute
Autorité de Lutte contre les
Discriminations et pour l'Egalité). Rappelons que
la discrimination
vis-à-vis des homosexuels est une l’une des dix
huit formes de discriminations
désormais interdites par le code pénal.
Pourtant, force est de constater que cela est loin
d’être suffisant, à une
époque où certains musulmans radicaux
n’acceptent pas
l’idée de vivre au sein d’une
communauté républicaine où, et
c’est une bonne
chose de notre point de vue, les homosexuels ont de plus en plus de mal
à
accepter d’être des citoyens de seconde
zone qui ne s’assumeraient
pas ; souvenons-nous de l’incident entre une
équipe de football gay et une
équipe de football de banlieue parisienne, qui refusa de
jouer un match sous
prétexte que leurs adversaires étaient
homosexuels [2]
Là
en effet, les choses se
corsent. D’une part on le voit bien, parce les positions
radicales de l’islam
intégriste en France (ou ailleurs : en Egypte et en
Ouganda
récemment, en
Algérie, en Iran depuis longtemps) sont de plus en plus
ouvertement homophobes.
Mais aussi parce que certains concitoyens français ne
comprennent pas pourquoi
un homosexuel voudrait adhérer à une croyance
qu’ils (pré)jugent
intrinsèquement homophobe. Enfin, et c’est sans
doute le
plus étonnant, parce certains
homosexuels de confession musulmane pensent eux aussi que
l'homosexualité est
une sorte « d'inversion », de
« déséquilibre
émotionnel ».
Fascinant
n’est-ce pas !? Alors qu’on sait
aujourd’hui que
l’homosexualité (la
sexualité de manière
générale) fait partie
des composantes naturelles de
la Vie (qu’elle qu’en soit les variables
déterminantes prises en
considérations : génétique,
hormonal au stade embryonnaire, socioculturelles,
psychoaffectives, etc.). Une des questions serait par
conséquent de déterminer quelles
mecanismes psychologiques, sociétaux, historiques ou autres,
peuvent expliquer
que ces homomusulman(e)s aient une telle representation
degradée d'eux-mêmes ?
Est-il besoin de rappeler que les
récentes recherches
en psychologie et en neurosciences cognitives tendent à
prouver que l'homosexualité
(la sexualité en général)
n’est pas un choix conscient, mais bien
une
réalité que l'on apprend à
découvrir dès l'adolescence [5]
Il n’en reste pas moins que de notre point
de vue,
qu’il serait bon d’en savoir plus sur les raisons
qui poussent une minorité d’homosexuel(le)s
musulman(e)s
à refouler
leur sexualité, à penser qu’ils ou
qu’elles ne sont pas en mesure de l’assumer,
à intérioriser des normes
d’infrahumanisations [3] apposés
jusque récemment (1981, dépénalisation
de l’homosexualité en
France) par la majorité, au front de la minorité
homosexuelle dans son
ensemble, perçue comme différente,
aliénée. Des processus psycho-sociaux
reposant sur des mécanismes de rejet de la
différence de l’Autre, qui sont bien
connus et abondemment étudiés depuis les
années soixante, d’abord aux
Etats-unis où la minorité W.A.S.P. (white,
anglo-saxon, protestant) qui eux
aussi à l’époque, pensaient que les
minorités raciales ou sexuelles étaient
indigne de l’amour de Dieu, simplement en raison de leur
différence : une
différence qui les rendaient aux yeux de la
majorité au pouvoir, moins digne
que des humains à part entière
(infra-humains). Une attitude qui à n’en pas
douter a permis à la majorité W.A.S.P. de ne pas
remettre en question les
traitements là pour le coup clairement inhumain
qu’ils faisaient subir aux
minorités, du moins pour un temps. Nous connaissons
aujourd’hui la suite de
cette Histoire là.
Et
je crois retranscrire le questionnement
de la majorité des homosexuel(le)s musulman(e)s qui se
posent la question
suivante : quelle est la représentation de cette différence
homosexuelle
que veut élaborer demain un islam de France en pleine
réforme ? Un islam
que beaucoup espère progressiste, ouvert, universellement
fraternel et œcuméniste ;
l’islam d’une vie spirituelle loin de tout
extrémisme, de toutes formes de
radicalisation. Car à n’en pas douter la
représentation que l’on aura construit
demain de cette islam là, deuxième religion de
France, a
et aura de plus en
plus semble-t-il de répercussions sur la vie de citoyens
français homosexuels ;
qu’ils soient musulmans ou non, pratiquants ou sans
confessions
religieuses particulières
(athés, agnostiques ou autre), mais pourtant issue d'un
milieu
familiale musulman,
dont on sait pertinemment qu’il est toujours fortement
influencé par la
représentation que l’on d’un islam qui a
besoin
d’être réformé
(c’est à peu
près un consensus islamique général
sur la
question) ; une réforme dont on
nous parle tant aujourd’hui et ce depuis de nombreuses
années, dont on a
pourtant aucune garantie qu’elle accouchera d’une
représentation de l’islam
compatible avec les principes inconditionnelles de liberté
et
d’égalité, sur
lesquelles est bâti l’ensemble de notre
édifice
républicain.
Les réponses que nous apporteront
ensemble (ou pas),
auront des répercussions directes et/ou indirectes sur
l’ensemble de la
communauté LGBT française (lesbienne,
gay, bisexuel, transsexuel). Car
nul besoin de nous voiler la face (c’est le cas de le
dire) : les droits
de l’individu ne sont jamais acquis pour toujours.
C’est un combat que chaque
génération se doit de renouveler, doit
s’approprier ; et si une partie des
homosexuels (en raison de leurs origines ou de leur confession
religieuse) est muselée,
attaquée aujourd’hui, qu’adviendra-t-il
demain du débat sur
l’égalité des
droits, sur le droit à cette indifférence,
à ce respect inconditionnel, auquel
on droit d’aspirer l’ensemble des homosexuel(le)s
en France … ?
La condition
des homosexuels au sein du monde arabo-musulman, dont sont originaires
la
grande majorité des musulmans occidentaux, est souvent
abominable ; un héritage culturel, une
représentation de l’homosexualité
émanant de pays arabo-musulmans où aujourd’hui
encore, les individus appartenant
à une minorité sexuelle sont
discriminés indirectement, pour diverses raisons
invoquées (protection de l’enfance ou
autre) ; ou directement :
emprisonnement (comme en Egypte par exemple) et même peine
capitale (en Arabie
Saoudite, en Iran, en Ouganda bientôt si nous ne faisons
rien). Cela bien entendu en violation
directe de la convention internationale des droits civils et politiques
de tout
individu (et dans 77 pays du monde où
l’homosexualité est encore interdite) [4].
C’est ainsi
qu’aujourd’hui nous sommes de nombreux
français
et françaises homosexuel(le)s (ou européens, et
même d’ailleurs), d’origine
culturelle ou de confession musulmane, à nous être
regroupés au sein d’un
collectif citoyen LGBT, afin tout d’abord de nous inscrire en
faux contre la
stigmatisation et la discrimination d’où
qu’elle vienne, des homosexuel(le)s
musulman(e)s de France. Mais également afin
d’explorer les différentes voies
possibles qui s’offrent à nous, afin de concilier
notre foi et notre sexualité,
en prenant pour cela exemple également sur nos associations
sœurs de croyants
homosexuels (l’ensemble de nos objectifs sont
détaillés en première page de
notre site Internet [6]
Oui, aujourd’hui à l’aube du troisième millénaire en France et en Europe, qui peut encore se permettre de discriminer ou de stigmatiser un individu en raison de sa sexualité ? Personne puisque c'est contraire à la loi nationale et supranationale européenne; pourtant certains penseurs radicaux semblent vouloir contourner la loi, ou plus exactement... ils ne semblent pas vouloir dire clairement ce qu'ils pensent : pourquoi donc !?
Comment une religion qui
se dit être de notre Dieu adoré, pourrait-elle
condamner ce qui a été crée de
sa Main ? Accepter les homosexuels serait un "relativisme culturel"
!?
Monsieur Ramadan - par exemple, dans son article "Islam
et homosexualité" - et les
musulmans radicaux, tous comme les rigoristes extrémistes,
peuvent bien entendu avoir leur propre
conception de ce que doit être un musulman : c'est leur
droit, c'est leur
liberté. Pour autant cette liberté doit
s'arrêter là où commence celle des
personnes LGBT (lesbiennes, gays, bisexuels, transexuels) en France.
Nos frères
et nos soeurs n'ont pas à nous "infra-humniser"
en nous traitant de
"pervers" et de "désequilibrés". Comme le fait
pourtant
Monsieur Ramadan, avec des conséquences fâcheuses
sur l'islamophobie en
général, et la peur d'un Islam radical que
certains de nos confrères veulent
museler comme c'est le cas à l'université libre
de Belgique...
Alors
oui, avoir des positions
clairement contre l'homophobie peut être dangeureux de nos
jours,
même pour des musulmans radicaux confrontés
à des
extrémistes encore plus rigoristes, qui
interprétent les
textes coraniques en dehors de leur contexte et qui se permettent de
condamner à mort leurs semblables avec
légèreté. Pourtant le
prophète Mahomet
Pourtant, il nous faut être courageux et ne pas
céder aux
pressions des plus extrémistes ! A l'heure actuelle en
France
tout particulièrement,
les musulmans réclament l'égalité et
le respect au
sein d'un éspace publique
qui fait longuement débat aujourd'hui (notamment au sujet du
voile islamique
intégral), comment espérer que nous musulmans
serons
respectés demain ici chez
nous en France, si nous n'appliquons même pas les principes
républicains
fondamentaux (par exemple en suivant les raisonnements de
prêcheurs venus de
Suisse ou d'ailleurs) ?
Comment les musulmans
peuvent espérer un jour participer au concert des nations et
notamment ici en
France à la vie de l'agora (la vie publique), s'ils ne sont
pas en mesure de
sanctifier une Différence (qu'elle soit homosexuelle ou
autre) envers laquelle
l'islam a de tout temps inculqué le respect, et la
même été jusqu'à la
sacraliser (Islam cela veut dire "paix").
Comment
les musulmans
peuvent espérer un jour être pleinement
respectée, s'ils ne respectent pas
eux-mêmes ces universaux
d'humanitésanctuarisés, sur lesquels toute
communauté
humaine tend à être batie depuis la nuit des temps
( "humanitas" : en
latin cela désigne l'ensemble des
caractéristiques communes à tous les
êtres
humains, quel que soit leur sexe, leur genre, leur
préférence sexuelle,leur
origine ethnique, la couleur de leur peau, leur niveau intellectuel ou
le fait
qu'il soit en situation de handicap, etc.).
Par
ailleurs, de quel
droit certains penseurs musulmans peuvent-ils s'arroger le droit
d'engager la
parole de l'ensemble d'une communauté musulmane qui sera
demain à son tour
stigmatisée comme étant prétenduement
homophobe !? En ces temps difficiles où certains
extrémistes ont vite fait d'opposer religion musulmane et
citoyenneté
française, il parait clair qu'en tant que musulmans de
France nous pourrions
tous nous passer de ce genre de mauvaise publicité.
Enfin, cette forme de
violence indirecte (qui consiste à qualifier injustement les
homosexuels de
pervers et de déséquilibrés), conduit
à une forme de violence tout à fait
directe (agressions homophobes dans les quartiers, mais aussi ailleurs
sur le
territoire républicain, insultes, discriminations divers),
qui menent de
nombreux jeunes et moins jeunes homosexuels jusqu'au suicide! Est-ce
là une
façon de venir en aide aux plus faibles d'entre nous ? De
les qualifier,
simplement parce qu'ils sont né(e)s différents,
de "pervers" !?
C'est
l'une des raisons
pour lesquelles nous HM2F, considérons que la
liberté d'expression des uns
s'arrêtent là où commence la
liberté des autres, en l'occurence des
homosexuel(le)s musulman(e)s à exister tout simplement, et
notamment à ne pas
être pendus haut et court comme en Iran par exemple, ou
ailleurs... Un documentaire plein d'enseignements sur les raisons de la situation dramatique que vivent nos frères et nos soeurs homosexuel(le)s de confession musulmane, dans le monde arabo-musulman. Pourtant, à tort ou à raison, les pays arabes (le Maghreb en particulier) ont longtemps était considérés comme une terre tolérante envers les homosexuel(le)s. Force est de constater qu'aujourd'hui cela n'est plus le cas ! - le reportage sur les mariages gays au Maroc, est accessible en ligne en cliquant ici. Et pourtant l'exécution des homosexuel(el)s musulmans continue de faire rire le président iranien, Monsieur Ahmadinedjab...
En 2008 à Madrid a eut
lieu la conférence internationale pour le dialogue entre les
religions. Les
différents articles
de cette déclaration (*) ne présice pas
ce qu'ils entendent
par "comportements déviants". Est-il raisonable de croire
qu'une
version prochaine de cette déclaration interreligieuse,
prétenduement
universelle, défendra un jour les minorités
sexuelles contre les
discriminations et les violences auxquelles ils sont
confrontés
(particulièrement dans le monde arabomusulman) . . . ? * Déclaration de Madrid, l'Article 7 souligne : "L'importance de la Religion et des valeurs morales et la nécessité pour l'homme de revenir à son Créateur dans sa lutte contre la criminalité, la corruption, la drogue, et le terrorisme, et dans la préservation de l'institution de la famille et la protection des sociétés contre les comportements déviants".
Le respect des droits de l'individu sont l'affaire de tous, en cela il ne peut y avoir de demi mesure. Nous, individus appartenant à une minorités sexuelle car c'est notre nature profonde sans que nous ayons à le choisir, sommes à l'avant garde d'évolutions sociétal et axiologique que tous (en particulier les croyants) nous devront intégrer à notre système de croyances à l'avenir ; intégrer à la représentation que nous avons de nous-mêmes et de l'Autre.
Ce que
nous voulons ce
n'est pas que certains musulmans deviennent homosexuels, ils le sont
déjà (par
une « prédétermination »
génétique, socio-affective, psycho-cognitive...
Peu
importe, telle est Sa volonté).
Et ce en dépit du fait
que d’assumer ouvertement son homosexualité reste
un crime dans de nombreux
pays (dont la plupart sont à majorité musulmane).
Consulter le rapport
d'Amnesty International sur la criminalisation de
l'homosexualité, en
cliquant
ici. ____________________________________________________________________________________
Consulter
également la traduction de HM2F pour l'un des premiers
articles jamais publié
à propos de l'identité des queer musulman-e-s dans le Coran et la sunnah ____________________________________________________________________________________
Références bibliographiques
|
| Un article rédigé par L. Zahed, pour la commission "Refléxion Islam" - HM2F |
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![]() "Response to Tarek Ramadan"
Jack Fertig En
réponse à Tariq Ramadan,
est un article paru dans le magazine Hurya en septembre 2009. En voilà une traduction libre en français - traduction de L.Zahed
Force
est de constater que l’islam d’aujourd’hui est bien loin de l’idée que s’en
faisait même certains européens il y a quelques décennies de cela. Annie Besant
opar exemple, une féministe anglaise, faisait ouvertement l’éloge de la
religion de Mahomet J’ai découvert aussi la réponse possible
des musulmans progressiste nord-maéricains, au propos d’un Tariq Ramadan qui
nous dit que l’islam, comme les autres religions, considéreraient
l’homosexualité comme un « déséquilibre » et une
« perversion »[3] :
« En islam la condamnation de l'homosexualité reste entièrement basée
sur l'histoire de Loth (Sodome et Gomorrhe), qui traite des hommes qui violent
d’autres hommes. Cette situation est communément répandue dans les prisons, et
nous observons ce genre de comportements aussi dans les situations où les
hommes qui s'identifient comme des hommes hétérosexuels attaquent d’autres
hommes qu'ils perçoivent comme gay »[4].
Les musulmans progressistes américains ont répondu à l’article de Ramadan en
rappelant que : «
La façon dont l'homosexualité et l'Islam sont
représentés l’un en opposition à
l’autre crée une fausse dichotomie et n’œuvre
nullement en faveur de la communauté LGBT ni en faveur des
musulmans. L'un des
aspects les plus intéressants de cette question est de voir le
nombre de
personnes qui étaient pourtant ouvertement anti-gay et «
défenseurs de la
tradition», et qui ont soudainement décidé
d'inclure les homosexuels dans leur
défense de la culture occidentale. Des « amis »
comme ça, personne n'en a
besoin. Frère Tarik [Ramadan] traite ici bon nombre de
questions, ce qui prête
plutôt à confusion. Mais l'une des belles choses à
propos de l'islam, c'est qu'il
reconnaît que nous sommes tous en droit d'apporter nos propres
points de vue,
des préjugés et des lacunes d’information à
toute argumentation, et l’on se
doit d’écouter les différentes opinions avec
respect. Le terme «homosexualité» et la compréhension de ce mot ont une histoire particulière. Le terme lui-même a été inventé en 1868 à des fins politiques et a rapidement trouvé un créneau médical[5]. Nous savons qu'il y a eu des amours entre personnes de même sexe à travers l'histoire, que l’homosexualité existe dans toutes les cultures humaines et qu'il existe même une activité homosexuelle chez des centaines d’espèces animales. Il existe un corpus croissant de preuves scientifiques selon lesquelles l'attraction entre individus de même sexe est innée, qu’elle a une grande composante génétique. Tout comme le fait d’être gaucher, la couleur de ses yeux ou sa taille, cela fait partie d'une série de variations normales. Toutefois, la façon dont la sexualité est comprise varie considérablement d'une culture à l'autre. Frère Tarik fait une déclaration très ferme sur l'universalité du rejet de l'homosexualité par toutes les religions, mais il y a pourtant un nombre croissant de religions qui acceptent l’amour entre individus de même sexe : les Unitariens, les Quakers, et un nombre toujours croissant de confessions protestantes, acceptent des membres LGBT et proposent le mariage entre individus du même sexe. Dans les plus grandes confessions - les luthériens, les anglicans et presbytériens - la question était controversée, précisément parce que les partisans de l’amour entre individus de même sexe ont gagné de plus en plus de terrain. » Effectivement, c’est le cas notamment en Suède où une femme, lesbienne, a été élue à la tête de l’évêché de Stockholm. Alors en quoi ces chrétiens seraient moins croyants ou moins « éthiques », lorsqu'ils acceptent des femmes lesbiennes d'église ? Car en définitif, qu’y aurait-il de si choquant à admettre que la représentation que l’individu à de son rapport au Religieux, évolue avec le temps ; et comme le dit si bien Dounia Bouzar, historiquement, sociologiquement, anthropologiquement parlant il est un fait que « chaque être humain lit sa religion en fonction de ce qu’il est (…). L’interprétation est toujours le fruit d’un dialogue entre ce que l’on est et ce que l’on comprend du message divin. L’histoire qu’on se fait de sa religion dépend de sa propre histoire. C’est ainsi pour toutes les religions. Et comme les musulmans sont bien des gens comme les autres, il n’y a pas de raison qu’il en aille différemment pour eux, pour elles »[6]. Encore une fois, d’affirmer que les musulmans ne seraient, par essence, pas capable de ce genre d’élaboration axiologique à l’avenir, serait une affirmation ubuesque, voir raciste, islamophobe. La majorité des musulman-es sont tout à fait aptes à se représenter le fait qu’une religion n'est pas un simple corpus de textes orthopraxiques à appliquer à la lettre sans réfléchir. Une religion ce sont ces textes, son contexte, son rapport au texte et son histoire. En d'autres termes, c'est une dynamique et non une statique : l’islam, comme toutes les religions, se doit être une religion qui respire. En redynamisant la définition de l'islam par la remise de l'être humain au centre de la construction religieuse, Dounia Bouzar fauche complètement sur leurs appuis tous les discours prônant la nécessité d'une intégration de l'islam en soi puisque, selon cette optique, un tel islam n'existe tout simplement pas[7]. De même, pour Olivier Roy « la religion pure essentialisée » n'existe pas. Mais Olivier Roy montre brillamment dans son ouvrage que ce qu'on nomme les NMR - nouveaux mouvements religieux - ont cette particularité justement de nier la culture dans laquelle baignent les religions pour ne retrouver qu'une religion épurée, essentialisée, éthérée qui puisse se « consommer » par n'importe qui sur la planète (ex. le salafisme, le protestantisme évangélique, le mormonisme, etc.)[8]. Je précise que pour les salafistes par exemple – ceux de mon adolescence en Algérie - la culture n'est pas niée, au contraire : elle est érigée en absolue. L'islam n'est islam que si et seulement s’il s'inscrit dans une identité culturelle arabe, si bien que l'on a la forte impression que le salafisme est un panarabisme, beaucoup plus qu'un islamisme fondamental. Pour les salafis de mon adolescence en effet, en Algérie du moins, tous musulmans se devaient de clamer en même temps leur "arabité". Tout comme al-Qaradawi - pour ne parler que de lui - qui nous apprend qu'une tradition, qui n'est pas en désaccord avec la "loi islamique", acquiert force de loi. Si ce n'est pas là la volonté d'ériger la tradition en loi immuable alors ... N’est-ce pas l’illustration parfaite que la mémoire de notre Culture humaine et, au moins en partie, une reconstruction a posteriori, tout comme la représentation que l'on a de la religion d'ailleurs ? Une
religion (islam ou autre), ce n'est pas un simple corpus de textes doctrinaux à
prendre ou à laisser, une religion c'est texte, contexte, rapport au texte et
histoire. En d'autres termes, c'est une dynamique et non une statique. En
redynamisant la définition de l'islam par la remise de l'être humain au centre
de la construction religieuse, Dounia Bouzar fauche complètement sur leurs
appuis tous les discours prônant la nécessité d'une intégration de l'islam en
soi puisque, selon cet optique, un tel islam n'existe tout simplement pas... !
Une religion (islam ou autre), ce n'est pas un simple corpus de textes
doctrinaux à prendre ou à laisser, une religion c'est texte, contexte, rapport
au texte et histoire. En d'autres termes, c'est une dynamique et non une
statique. En redynamisant la définition de l'islam par la remise de l'être
humain au centre de la construction religieuse, Dounia Bouzar fauche
complètement sur leurs appuis tous les discours prônant la nécessité d'une
intégration de l'islam en soi puisque, selon cet optique, un tel islam n'existe
tout simplement pas... ! Une religion (islam ou autre), ce n'est pas un simple
corpus de textes doctrinaux à prendre ou à laisser, une religion c'est texte,
contexte, rapport au texte et histoire. En d'autres termes, c'est une dynamique
et non une statique. En redynamisant la définition de l'islam par la remise de
l'être humain au centre de la construction religieuse, Dounia Bouzar fauche
complètement sur leurs appuis tous les discours prônant la nécessité d'une
intégration de l'islam en soi puisque, selon cet optique, un tel islam n'existe
tout simplement pas... ! Une religion (islam ou autre), ce n'est pas un simple
corpus de textes doctrinaux à prendre ou à laisser, une religion c'est texte,
contexte, rapport au texte et histoire. En d'autres termes, c'est une dynamique
et non une statique. En redynamisant la définition de l'islam par la remise de
l'être humain au centre de la construction religieuse, Dounia Bouzar fauche
complètement sur leurs appuis tous les discours prônant la nécessité d'une
intégration de l'islam en soi puisque, selon cet optique, un tel islam n'existe
tout simplement pas... ! Une religion (islam ou autre), ce n'est pas un simple
corpus de textes doctrinaux à prendre ou à laisser, une religion c'est texte,
contexte, rapport au texte et histoire. En d'autres termes, c'est une dynamique
et non une statique. En redynamisant la définition de l'islam par la remise de
l'être humain au centre de la construction religieuse, Dounia Bouzar fauche
complètement sur leurs appuis tous les discours prônant la nécessité d'une
intégration de l'islam en soi puisque, selon cet optique, un tel islam n'existe
tout simplement pas... ! Le rejet de cette évolution de la représentation qu’une minorité de musulmans continuent de vouloir conserver de leur sexualité humaine, de leur rapport à l’Autre et à leur propre corps, est plus vraisemblablement comme l’explique très bien l’imam Hendricks une question de choix ; monsieur Ramadan peut faire le choix de ne pas accepter l’homosexualité au sein de son obédience dogmatique particulière, sans pour autant nous faire croire qu'il parle au nom de tous les musulmans, en nous rabaissant au rang inhumainement inférieur de déséquilibrés mentaux et de pervers. Sans parler du fait que certains courants chrétiens se divisent justement en raison de l’acception de l’homosexualité - notamment l’église anglicane américaine, décembre 2008. Devra-t-il y avoir un schisme nouveau au sein de l’islam, entre musulmans d’orient et d’occident, avant qu'au-delà de la question de l’homosexualité, la question du libre arbitre individuel et du respect, plus même encore, de la sanctification de la différence comme fondamentalement constitutive de notre Humanité, acquiert sa pleine place au sein d’un Islam progressiste et post moderne ? Est-ce ce genre de schisme que les musulmans dogmatiques veulent pour la « Oumma » - ce qu’ils considèrent comme la grande nation musulmane ? Est-ce avec ce genre d’exemples là que les musulmans prétendent contribuer à l’avènement de l’Universel sur Terre ? Et Jack Fertig de poursuivre : «
Qu'est-ce que la majorité des rabbins acceptent ? De cela je ne peux rien dire,
mais les juifs réformés ainsi que certaines branches du judaïsme conservateur
commencer à accepter l'homosexualité. Rabbins gays et lesbiennes sont monnaie
courante et siègent à des conseils rabbiniques. Un petit mais croissant nombre
de groupes musulmans sont de plus en plus tolérant à cet égard. En islam la
condamnation de l'homosexualité reste entièrement basée sur l'histoire de Loth
(Sodome et Gomorrhe), qui traite des hommes qui violent d’autres hommes. Cette
situation est communément répandue dans les prisons, et nous observons ce genre
de comportements aussi dans les situations où les hommes qui s'identifient
comme des hommes hétérosexuels attaquent d’autres hommes qu'ils perçoivent
comme gay. J'ai personnellement connu des hommes qui ont été sauvagement
attaqués par un groupe d’hommes et ont subi un viol collectif. Il y a aussi ces
histoires d’abus perpétrés par la police égyptienne et iranienne. Et cela n'a
absolument rien à voir avec les hommes qui aiment les hommes ou les femmes qui
aiment les femmes. L’affirmation de frère Tarik selon
laquelle « les musulmans sont maintenant appelés à condamner le Coran, et à
accepter de promouvoir l'homosexualité afin d’entrer dans le monde moderne »,
est tout à fait exagérée. Il y a des gens comme Geert Wilders, qui nous
pressent de rejeter ou de réviser le Coran, une attitude bien sûr inacceptable.
Certaines personnes ne font ces exigences impossibles qu’afin de créer des
polémiques. C'est tout à fait différent de la question de l'homosexualité, même
si ces gens exploitent cette question là. L'homosexualité n'est pas quelque
chose qui peut être promue, pas plus que d’avoir les yeux bleus ou le fait de
mesurer un mètre quatre vingt ne peut être promue. Les gens peuvent faire des
expériences sexuelles et « s’amuser » tout comme ils peuvent porter des
lentilles de contact ou des talons hauts, mais en définitif on est qui l’on
est. L'hétérosexualité est mise en avant et dans de nombreux endroits elle est
même rendue obligatoire, toutefois la nature humaine que Dieu à inscrit pour
nous finit par avoir le dessus. Et contraindre des homosexuels à des mariages
hétérosexuels par pressions culturelles et familiales, donnent malheureusement
lieu à des mariages sans amour, qui entraîne souvent une double vie, des
individus qui trichent avec leurs proches. Les gays et lesbiennes sont privés
d’une relation amoureuse pleinement satisfaisante, tout comme leurs maris et
leurs épouses hétérosexuels. Les gays savent que l'orientation sexuelle ne peut
pas être promu. Elle ne peut être qu’acceptée - ou rejetée - qu'il existe des
personnes ayant des orientations sexuelles différentes, et que chacun,
indépendamment de son orientation sexuelle est en mesure d’aspirer à l'égalité
des droits. Frère Tarik s’adressent aux musulmans vivant dans des pays occidentaux. Des musulmans qui vivent dans des sociétés pluralistes, ou en tant que minorité, et qui sont tenus de respecter les lois et les coutumes des pays dans lequel nous vivons. Dans les pays démocratiques où nous faisons partie d'un dialogue où les attitudes envers l'homosexualité sont en mutation, nous pouvons prendre une part à cette conversation. Politiquement, il est dans notre intérêt de promouvoir l'acceptation de la diversité. Notre religion nous ordonne de « vivre et laisser vivre ». Frère Tarik est tout à fait exact quand il dit: « Il n'y a aucune ambiguïté et c’est amplement claire: les musulmans européens ont le droit d'exprimer leurs convictions tout en respectant l'humanité et le droits des individus. Si nous voulons être cohérents, nous devons respecter cette attitude de foi et d'ouverture. » C'est exactement ce pour quoi les militants LGBT travaillent - ni plus, ni moins. »[9]. De mon point de vue, et c’est bien là le cœur d’un problème qui ne concerne pas seulement l’homosexualité mais la sexualité et la représentation de soi de tous musulmans : l’acceptation de notre sexualité, de qui l’on est et surtout de ce que nous sommes en tant qu’êtres humains, ici en occident – et très bientôt dans le monde arabe, nous avons désormais toute les raisons d’y croire -, pourrait permettre aux musulmans de mieux comprendre encore le saint Coran, de mieux cerner les tenants et les aboutissants spatiotemporelles et sociétaux, qui ont permis l’avènement d’une civilisation sortie des sables du désert, et de construite sur les bases axiologiques d’une tradition qui doit être vues comme en perpétuelle réforme et sans cesse en évolution. En l’occurrence, ce qui semble faire peur aux dogmatiques – musulmans ou non -, c’est que les musulmans de France et d’ailleurs en Europe, parviennent à la conciliation apaisée de valeurs éthiques universelles, dites occidentales et libertaires, basées sur le bien-être de l’individu et la consécration de sa vie à notre bien aimé Dieu, plutôt que sur une quelconque morale traditionnelle, arabo-musulmane en l’occurrence. Pour moi il apparait clairement que les musulmans de France et
les musulmans d’occident, sont avant tout des occidentaux et qu’ici en
occident, qualifier les homosexuels de pervers aux comportements «
contre-nature », c’est nier leur droit à la différence. Plus encore, c’est ce
que je nomme une forme de « sincère schizophrénie » conceptuelle –
loin de moi l’idée de qualifiait des intellectuels de malades mentaux[10] ;
c’est en soit un raisonnement édifiant, puisque ces mêmes musulmans dogmatiques
qui veulent doter l’islam d’un visage humaniste et postmoderne, sont embourbés
dans des débats d’un autre âge autour de la normalisation, ou non, de la
sexualité et du genre humain – débats qui avait cours ici en occident au XIXe
siècle et quoi ne posait, à l’époque, aucun problème aux penseurs du monde
arabo-musulman. C’est en substance le constat que fais également l’ancien
ministre tunisien de l’éducation, Mohamed Charfi, à propos de l’éducation
« islamiste » qui est en totale rupture avec ce que les musulmans
vivent par ailleurs au quotidien[11].
De mon point de vue, le problème de l’intégration – des valeurs postmodernes au
corpus traditionnel et théorique dit islamique - est bien plus complexe que ne
le décrit Monsieur Ramadan. Cette intégration ne saurait être résumée à celui
de l’acceptation de l’homosexualité. Pourtant, il est indéniable que le
problème de l’acceptation d’une liberté de choix, notamment du point de vue de
l’autodétermination que chacun peut faire de son genre et de sexualité, est un
« symptôme » en quelque sorte qui en dit long en effet sur la maladie
qui touche les musulmans d’occident et d’ailleurs. C’est une problématique
axiologique et sociétale qui est en partie liée au refus pur et simple de
respecter pleinement le droit à la différence : un droit fondamental de
l’individu, notamment lorsqu’il s’agit d’assumer ou pas une sexualité - tout
autant qu’une origine socioculturelle ou ethnique -, que nul d’entre nous n’a
choisi. C’est donc bien là d’une sincère
schizophrénie dont il s’agit selon moi. C’est un clivage qui repose
fondamentalement sur la dichotomie entre deux représentations identitaires en
apparence incompatibles, selon les musulmans dogmatiques ; être un bon
musulman, partisan du Tawhid de notre
humanité, c’est ne pas avoir de positions excluantes. Pourtant, certains
semblent faire preuve d’une incapacité viscérale à leur sincère désarroi – que
j’ai constaté personnellement à plusieurs reprises – à trouver une solution
simple à un problème en soit complexe, et qui mêle tout à la fois géopolitique,
éthique et spiritualité. Aujourd’hui, certains penseurs musulmans disent avoir
évolué sur ces questions là ; Tariq Ramadan dit avoir des réserves quant
au mariage et à l’adoption pour tous les couples – y compris les couples de
même sexes -, mais il affirme réfléchir à l’intégration des minorités au sein
de l’islam[12]. L’un
des écueils, en ce qui me concerne en tant que responsable associatif et en
tant que modeste intellectuel en herbe, c’est la tentation d’une quelconque
concession sur le droit inaliénable de tout individu à disposer de
lui-même/elle-même et à élaborer sa propre définition de celui ou de celle
qu’il ou qu’elle est ; l’autre écueil étant clairement de sombrer dans une
islamophobie primaire, raciste, qui consisterait à considérer que tout les
musulmans sont intrinsèquement misogynes et homophobes, ou hypocrite et
calculateurs. La plupart des musulmans doivent évoluer sur ces questions là. Il
n’est pas question pour ma part de nourrir le « statut d’exception »
que voudraient élaborer certains politiciens ou soi-disant intellectuels, aux
musulmans de France et d’ailleurs[13]. De manière plus générale, je dirais simplement que la question de l’homophobie devient de plus en plus celle de certains religieux ; celle de la défense des droits des minorités sexuelles, le dernier des grands défis en matière d’égalité des droits auxquelles sont confrontées nos démocraties occidentales postmodernes, sont totalement nôtres. C’est pourquoi je veux croire au dialogue auquel je participe activement, pour le plus grand bien de l’ensemble de la communauté républicaine.
(Traduit et commenté par L.Zahed, fondateur et porte-parole des HM2F ; mise à jour le 11 janvier 2012) [1]
Besant, Annie - Féministe anglaise (1847-1933), «The Life and Teaching of Muhammad». Madras (1932). [2] Hadith rapporté par Tirmidhi, cité par
l’imam al-Nawawi dans son célébrissime ouvrage Ryadh al-Salihin : « le jardin des vertueux » - hadith n°234. [3] Islam
et homosexualité - http://www.tariqramadan.com/Islam-et-Homosexualite.html [4] Jack
Fertig, pour Huriya magazine -
http://huriyahmag.blogspot.com/ - et membre de l’association MPV -
http://www.mpvusa.org/. [5] Foucault, M. (1994). « Histoire de la sexualité, tome 1 : La
Volonté de savoir ». Gallimard, Paris. [6] Le Monde du 7 mars 2004, extrait sur:
http://www.ldh-toulon.net/spip.php?article463. Et voir aussi Dounia Bouzar face
aux questions des
internautes:
http://forums.nouvelobs.com/societe/l_islam_aujourd_hui_en_france,20081204111126895.html. [7] Bouzar, D. (2004). « Monsieur islam n’existe pas : pour une
désislamisation des débats ». Hachette, Paris. La présentation de l’ouvrage
par l’éditeur est comme suit : « Monsieur Islam " n'existe
pas ! Telle est la réponse qu'il convient de faire à tous ceux qui font parler
l'islam, ou qui parlent à sa place : jeunes militants musulmans, tout auréolés
de leur fraîche science de l'islam, professant qu'il englobe par avance la
modernité, le féminisme, la citoyenneté et même la laïcité ; mais aussi
institutions et instances politiques qui estiment que le comportement des
jeunes est le " produit de l'islam ". Pendant les vingt dernières
années, on a demandé aux jeunes musulmans de laisser leur religion à la
frontière pour devenir français. À présent, on accepte leur islam à condition
de les réduire à une facette musulmane qui les définirait une fois pour toutes.
Or, la question n'est pas de savoir " ce que l'islam dit ou ne dit pas
", mais de comprendre pourquoi ce jeune, né en France, socialisé à l'école
de la République, a envie de penser que " l'islam dit plutôt ceci ou
plutôt cela ". Dounia Bouzar a mené pendant deux ans, pour l'INHES, une
enquête auprès d'associations dirigées par des musulmans. Elle montre les
diverses manières de vivre cet islam au quotidien, qui vont d'une volonté
d'islamiser toutes les activités à l'invention, au contraire, d'une manière
musulmane de pratiquer les activités communes. Ce livre, qui dérange les idées
reçues sur les musulmans de France, donne pour la première fois la parole à ces
jeunes issus de familles immigrées. Ils disent comment ils cherchent à être
musulmans et à relire le Coran en vivant dans une société laïque. Le livre de
Dounia Bouzar est plus qu'une contribution au débat : il devrait permettre de
changer le regard porté sur ces jeunes musulmans français ». [8] Roy, O. (2008). « La sainte ignorance : Le temps de la
religion sans culture ». Seuil, Paris. [9] Traduction complète de l’article en
réponse à Tariq Ramadan par Jack Fertig, membre de MPV – Muslims for Progressive
Values –, sur le site des HM2F : http://www.homosexuels-musulmans.org/infrahumanisation_deshumanisation_violente_et_justice_de_la_reforme_de_l-islam_de_france.html. [10] Voir l’article de Yann Barte intitulé
« les homos musulmans voient enfin la lumière », paru en Juin 2010
dans le magazine « Le courrier de
l’atlas » - http://www.lecourrierdelatlas.com/emag/2010/NUM038/#/70/. [11] 11ème partie du documentaire
intitulé « Au nom de l’islam » -
http://www.youtube.com/user/dgalkin1#p/u/46/GtunEctrTWo. [12] 2ème partie du documentaire de
Philomène Esposito intitulé « Et Allah
dans tout ça » - http://www.dailymotion.com/video/xh3kpy_et-allah-dans-tout-ca-partie-2-3_news. [13] Tribune parue sur SaphirNews et intitulée « Tariq
Ramadan et les homosexuel-les musulman-es de France » - http://www.saphirnews.com/Tariq-Ramadan-et-les-homosexuels-musulmans-de-France_a12380.html
; en réponse au retrait des signatures de femmes et d’hommes politiques
français socialistes, accusés d'avoir unient « leur voix aux alliés des frères musulmans », en raison de
la présence de la signature de Tariq Ramadan sur l’appel initié par RespectMag
contre le « débat de la honte » voulue par le gouvernement le 5 avril
2011, à propos de l’islam de France - http://www.homosexuels-musulmans.org/communique-de-presse_avril2011.html. |
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ARTICLE IS AVAILABLE IN
ENGLISH
Un article disponible sur le site de Muslim for Progressive Values, en version originale (le site de Huriyah Mag étant en cours de rénovation). ____________________________________________________________________
The following article responds to Tariq
Ramadan’s article, entitled “Islam
& Homosexuality”, and published in July, 2009 by the Middle
East
Online The way homosexuality
and Islam are being positioned against each other creates a false
dichotomy and
does no favors for GLBT folks or for Muslims. One of the more
interesting
facets of this issue is how many people who have been outspoken
anti-gay “defenders
of tradition” have suddenly decided to include gays in their
defense of Western
Culture. “Friends” like this nobody needs. Brother Tariq here takes
on quite a few issues, rather confusing the point. But one of the
beautiful
things about Islam is that it recognizes that we all bring our own
backgrounds,
biases, and information gaps to any argument and should listen to
diverse
opinions with respect. The word “homosexuality”
and the understandings of that word have a peculiar history. The term
was
itself coined in 1868 for political purpose and quickly found a medical
niche.
We know that there has been same-sex love through history, that it
exists in
all human cultures and that there is same-sex activity in hundreds of
animal
species. There is a growing body of scientific evidence that same-sex
attraction is innate, that it has a largely genetic component. Like
left- or
righthandedness, one’s eye color or height, it is part of a
range of normal
variations. However the way sexuality is understood varies greatly from
one
culture to another. Brother Tariq makes a
very firm declaration about the universality of religious rejection of
homosexuality, but there are in fact a growing number of religions that
accept
same-sex love. Unitarians, Quakers, and an ever-expanding range of
protestant
denominations accept GLBT members and offer same-sex marriage to loving
couples. In the largest denominations – the Lutherans,
Anglicans, and
Presbyterians – the issue has been controversial exactly
because same-sex love
has been gaining so much acceptance. What “a majority of
rabbis” accept I can’t
say, but the Reform and Conservative branches of Judaism are accepting
of
homosexuality. Gay and lesbian rabbis are common and serve on
rabbinical
boards. A small, but growing number of Muslim groups are even becoming
more
accepting. In Islam condemnations
of homosexuality rest on the story of Lot (Sodom and Gomorrah) which is
about
men raping men. This is common in prisons, and we see it mostly in
situations
where men who identify as heterosexual attack men they perceive as gay.
I’ve
personally known men who were savagely attacked and gangraped by groups
of men
this way. There are also stories of such abuse by Egyptian and Iranian
police.
This has nothing at all to do with men loving men or women loving
women. Brother Tariq’s
assertion that “Muslims are now being called upon to condemn
the Qur’an, and to
accept and promote homosexuality to gain entry into the modern
world,” is quite
an overstatement. There are people like Geert Wilders who urge us to
reject or
revise the Qur’an, and that of course is impossible. Some
people do make
impossible demands only to create trouble. That is quite separate from
the
issue of homosexuality, even if they do exploit that issue.
Homosexuality is
not something that can be promoted any more than blue eyes or being six
feet
tall can be promoted. People can experiment and “fool
around” just as they
might wear contact lenses or high heels, but in the end you are who you
are.
Heterosexuality is promoted, and in many places even mandated, but our
God-given human nature will out, and homosexuals forced into
heterosexual
marriages by cultural and familial pressures live unhappily in loveless
marriages, often leading double lives, cheating on their mates. Not
only are
gays and lesbians being deprived of fulfilling, loving partnerships but
so are
their heterosexual husbands and wives. Gay people know that a sexual
orientation cannot be promoted. It can only be accepted – or
rejected – that
there are people of different sexual orientations, and that everyone,
regardless of orientation is entitled to equal rights. Brother Tariq is
addressing the situation of Muslims living in western nations. Muslims
who live
in pluralistic societies, or as minorities, are obliged to respect the
laws and
customs of the lands we live in. In democratic nations where we are
part of a
dialogue where attitudes towards homosexuality are changing, we can
take a
voice in that conversation. Politically it is in our interest to
promote
acceptance for diversity. Our religion tells us to “live and
let live.” Brother
Tariq is quite correct when he says: “There is no ambiguity,
and ample clarity: European Muslims have the right to express their
convictions
while at the same time respecting the humanity and rights of
individuals. If we
are to be consistent, we must respect this attitude of faith and
openness” This is exactly what
GLBT activists are working for – no more; no less. |
Oubrou, imam de Bordeaux :« L'homosexualité est un choix » Par Respect
Mag sur Rue89 | Urbain, social et
métissé | 11/10/2010 | 15H12
Respect Mag a sorti ce lundi un numéro spécial consacré au « vrai visage des musulmans de France, loin des clichés ». Pour l'occasion, Rue89 est partenaire du mensuel « urbain, social et métissé ». Au sommaire, l'islam dans l'intimité, la place des convertis, être musulman en zone rurale, etc. Et l'homosexualité : Respect Mag est retourné voir Tareq Oubrou, imam de Bordeaux, qui s'était distingué en signant en mars 2010 l'appel mondial contre l'homophobie.
Nous aurions pu interroger Soheib ou Ghaleb Bencheikh, ou encore Abdennour Bidar, et obtenir des réponses plus directement favorables à l'égalité des homos. Tareq Oubrou, imam de Bordeaux, nous a semblé plus pertinent, du fait de son ancrage dans la communauté. Dialogue avec Ludovic Lotfi Mohamed Zahed, président de Homosexuels musulmans de France (HM2F).
Ludovic Lotfi Mohamed Zahed : Pourquoi avoir accepté cet entretien ? Tareq Oubrou : Ce qui m'intéresse dans ce dialogue, c'est de contrecarrer cette idée néfaste et grave qui consiste à excommunier les homosexuels. On est confrontés à un ignorance crasse. Il m'importe aussi de préserver la foi et l'égalité des gens qui ont cette sexualité. Je ne cautionne pas l'homosexualité qui est éthiquement réprouvée en islam. Pensez-vous que la personne peut choisir, de manière consciente, son désir vers un homme ou vers une femme ? Pour moi, l'homosexualité est un choix. Conscient ou inconscient, c'est un choix. Plus ou moins conditionné. Il n'y a pas de choix absolu. Ce n'est pas une pathologie, ni psychologique, ni biologique. Nous sommes traversés par beaucoup de sentiments et d'instincts, qu'on ne choisit pas, qu'on tente de canaliser, d'orienter, de gérer. Ces instincts ne sont ni bons ni mauvais. Je ne juge pas. Selon les spécialistes des sciences humaines, on ne choisit pas sa sexualité de manière consciente. Je vous mets au défi de retrouver le souvenir, dans votre adolescence, du jour où vous vous êtes dit : « Je vais être hétérosexuel. » Pour nous, la question ne se pose pas. A 8 ans, je savais que j'étais différent. Ce sont les valeurs qui orientent les gens vers tel ou tel comportement… Homos et musulmansAli, 46 ans, converti, s'assume pleinement : « Je n'ai pas eu le besoin de passer par les Textes pour accepter mon homosexualité. D'ailleurs, en les décryptant, on peut justifier tout et son contraire. » Karim, allure frêle et air malicieux, ne fait pas ses 26 ans : « J'ai intégré un groupe fondamentaliste pour étudier l'islam. La sexualité y était strictement contrôlée. J'ai essayé de savoir comment la religion considérait l'homosexualité, on me disait que c'était proscrit… Mais comment Dieu pouvait m'avoir créé comme ça pour me renier ensuite ? En lisant scrupuleusement le Coran, je me suis rendu compte que l'homosexualité ne pouvait être pas condamnée car tout ce que l'on est vient de la volonté de Dieu. Dieu nous a créés différents pour que l'on puisse se connaître. Cette vision m'a permis de m'accepter. » Hanane, 28 ans, mâche son chewing-gum d'un air désinvolte. Puis laisse de côté son assurance : « J'avais besoin de rencontrer des gens dans ma situation. Je ne revendique pas mon homosexualité car je ne l'assume pas ! Dans le Coran, la formule c'est Adam + Eve, un point c'est tout… Je suis dans la transgression, ce n'est pas sain. » Look figé dans les années 80, Philippe, russe musulman, prend le relais. Voix vacillante, un effrayant parcours : « En Russie, l'homophobie est sociale avant d'être religieuse. Un jour un médecin m'a dit : “Tu es un pédé ! Je vais te casser la colonne vertébrale, tu sortiras de mon cabinet handicapé.” Il m'a abîmé… Je ne suis pas venu en France uniquement pour étudier, mais aussi pour me protéger. » Nora reste pessimiste : « Je me projette dans l'avenir, malheureusement sans l'islam… Les mentalités ne changeront pas. Lors du colloque sur l'homophobie, le recteur de la mosquée de Paris a juste lu un bout de papier… » Témoignages recueillis par Fatoumata Sakho Absolument pas ! J'ai été éduqué dans des valeurs très islamiques, j'ai fait ma prière depuis tout jeune, je connaissais la moitié du Coran alors que je n'avais même pas 17 ans. L'éthique islamique, je l'ai bue au biberon. Malgré cela, je me suis découvert homo à 17-18 ans. Ce n'est pas une question de rapports de force. Le refoulement est plus fort que la liberté. Mais le jour où la liberté reprend le dessus, vous vous dîtes : « Ça y est, j'ai compris, je suis homosexuel. » Condamnez-vous le fait de dire que c'est une maladie ou une déviance ? Celui qui est malade n'est pas responsable. Ce n'est pas une déviance dans le sens psychiatrique. Non, c'est un choix raisonnable de gens intelligents qui savent ce qu'ils font. On a la liberté, on a aussi la volonté. Pourquoi avoir signé l'appel contre l'homophobie malgré tous les risques que cela comportait ? Parce que les religions doivent répondre à des questions et ne pas les esquiver. Je ne vais pas faire de l'autisme religieux et faire comme si l'homosexualité n'existait pas. L'appel était contre la violence subie par ceux qui ne s'inscrivent pas dans la pratique sexuelle majoritaire. Notre société a besoin de paix. Je ne veux pas que ma religion soit associée à la violence, sinon cela impactera négativement sur la société. Et moi, je suis responsable de ma communauté. Je ne veux pas que les musulmans soient stigmatisés comme antisémites ou homophobes. J'ai fait le voyage à Auschwitz pour les mêmes raisons. Est-ce que certains vous soutiennent ? Pensez-vous que c'est la majorité qui parle le moins ? Je suis l'imam de la majorité silencieuse. Quand je parle de communauté musulmane, je fais référence aux 99,9% de musulmans que je ne vois pas dans ma mosquée… Sur l'homosexualité, je dis que sa pratique n'est pas préconisée par l'islam, mais que les musulmans homosexuels sont des musulmans à part entière. Le fait de les stigmatiser, de les violenter, de les harceler est antinomique avec l'éthique commune. Il n'y a qu'un seul code pénal -et qu'un seul magistrat-, c'est celui de la République. Comment expliquer qu'aujourd'hui, sept pays musulmans dans le monde décapitent ou pendent des homosexuels au nom de l'islam ? C'est une lecture de l'islam qui repose sur des hadiths non authentiques. Aucun texte univoque, authentique, ne fait mention d'une quelconque sanction contre les homosexuels. Ethiquement parlant, le Coran n'admet pas l'homosexualité. Mais le passage de cette condamnation morale a une condamnation juridique n'existe pas.
Que penser du hadith qui dit : lorsque deux hommes couchent ensemble, le trône de Dieu est ébranlé ? Ce n'est même pas un hadith faible, c'est un hadith apocryphe, c'est-à-dire inventé. Dialogue recueilli par Anne Esambert Illustration et photos : dessin de Hervé Pinel pour Respect Mag ; Ludovic Lotfi Mohamed Zahed (Darnel Lindor) et Tareq Oubrou (Homard Payette) ; couverture du dernier numéro de Respect Mag |
Ali, 46 ans, converti, s'assume pleinement : « Je n'ai pas eu le besoin de passer par les Textes pour accepter mon homosexualité. D'ailleurs, en les décryptant, on peut justifier tout et son contraire. » Karim, allure frêle et air malicieux, ne fait pas ses 26 ans : « J'ai intégré un groupe fondamentaliste pour étudier l'islam. La sexualité y était strictement contrôlée. J'ai essayé de savoir comment la religion considérait l'homosexualité, on me disait que c'était proscrit… Mais comment Dieu pouvait m'avoir créé comme ça pour me renier ensuite ? En lisant scrupuleusement le Coran, je me suis rendu compte que l'homosexualité ne pouvait être pas condamnée car tout ce que l'on est vient de la volonté de Dieu. Dieu nous a créés différents pour que l'on puisse se connaître. Cette vision m'a permis de m'accepter. » Hanane, 28 ans, mâche son chewing-gum d'un air désinvolte. Puis laisse de côté son assurance : « J'avais besoin de rencontrer des gens dans ma situation. Je ne revendique pas mon homosexualité car je ne l'assume pas ! Dans le Coran, la formule c'est Adam + Eve, un point c'est tout… Je suis dans la transgression, ce n'est pas sain. » Look figé dans les années 80,
Philippe, russe musulman, prend le relais. Voix vacillante, un effrayant parcours : « En Russie, l'homophobie est sociale avant d'être religieuse. Un jour un médecin m'a dit : “Tu es un pédé ! Je vais te casser la colonne vertébrale, tu sortiras de mon cabinet handicapé.” Il m'a abîmé… Je ne suis pas venu en France uniquement pour étudier, mais aussi pour me protéger. »
Nora reste pessimiste : « Je me projette dans l'avenir, malheureusement sans l'islam… Les mentalités ne changeront pas. Lors du colloque sur l'homophobie, le recteur de la mosquée de Paris a juste lu un bout de papier… » Témoignages recueillis par Fatoumata Sakho |
COLLECTIF CITOYEN POUR UN ISLAM DE FRANCE VÉRITABLEMENT INCLUSIF,
& UNE LAÏCITE VÉRITABLEMENT RESPECTUEUSE DE TOUTES LES CROYANCES.
Porte-parole, L.Zahed
Au plaisir de
bientôt vous comptez parmi nous.
http://www.homosexuels-musulmans.org
homomusulmans@gmail.com
membre de la Fédération LGBT, du Centre LGBT de Paris, du RAVAD, de l'ILGA et membre fondateur du MTE.
Le
collectif
HM2F est l'aboutissement d'une collaboration fraternelle entre des
homosexuel(le)s (ou des citoyens appartenant à d'autres
minorités sexuelles
visibles) : qu'elles ou qu'ils soient athés, de confession
juive, de
confession musulmane, chrétienne, bouddhiste ou autre...
C'est une
grande fierté !
Et nous fomentons le secret espoir à la face du Destin,
que cette pluralité et ce "vivre ensemble" citoyen et
collégial,
restera la pierre angulaire sur laquelle nous continuerons de
bâtir nos
projets communs, inch'Allah.








n'a-t-il pas 







