Salam,
Mon parcours
personnel
je suis de l'ile Maurice, j'ai 23 ans et je suis étudiant
étranger vivant en
France depuis peu. Vers l'âge de 7-8 ans environ j'ai
constaté ma différence
d'orientation sexuelle par rapport aux autres enfants de mon
âge. A 11 ans,
j'étais admis dans un collège pour
garçon et j'étais sujet à des
humiliations
de la part de mes camarades de classe. Ce qui me poussa à
l'exclusion par
craindre d'entendre de propos humiliants, et du coup, je
m'éloignais des
activités en équipe. A ce moment là,
je ne trouvai nul repère pour m'accrocher
sauf Islam qui était contre la violence verbale et physique.
Je me suis mis à
rechercher la connaissance de la religion et trouva dans celle-ci ma
vrai
raison d'être en tant qu'homosexuel, dans tout ce que je
faisais et ce que je
subis, la présence divine était embrassant de
part Sa miséricordieux. Car je me
sentais protéger par cette Présence. La
sexualité ou la place de la femme en
islam n'était pas des sujets tabous à l'ile
Maurice, on n'en parlait moins ou
pas du tout. Ce qui préoccupait les musulmans
là-bas c'était plutôt d'enrichir
leur connaissance sur les 5 piliers de l'islam (basique): la foi, la
prière, le
jeune, l'aumône et le pèlerinage. A 11 ans, je
vois jaillir devant moi une
grande mosquée dans mon village, dirigée par mon
oncle, et mon grand père
maternel me guidera ensuite dans les chants religieux: deux grandes
influences
dans ma vie dans ce parcours islamique et toujours pas de
sexualité.
Éventuellement, pour moi la sexualité faisait
parti de moi et qui ne m'empêcher
pas de vivre ma religion en même temps car j'ai
réalisé que Dieu ne demander
rien que la reconnaissance de Lui, dans le Coran. A
15 ans
j'emprunte un chemin fondamentaliste influencé par le
wahhabisme et qui me remettra
en cause ainsi que ma sexualité, et je réalisai
la froideur qui y émane, ce qui
ne me mettait pas à l'aise car trop de restriction. A 17
ans, je choisis
définitivement une voix plus flexible et
tolérante à toutes confessions,
chaleureuse qu'est le soufisme, ce qui aboutira à une
nouvelle recherche de Soi
et qui met l'accent sur la relation entre Dieu et Moi avant tout. Le
Soufisme a
beaucoup influencé les musulmans mauriciens et du
coup, il m'était très
accessible. A 20ans je suis en France pour mes études en
psychologie où je
constate le conflit entre sa sexualité, l'islam et ses
origines, et les manques
des informations sur ces sujets ainsi que l'absence de tel association
comme
repère pour tous ceux qui voient une source d'angoisse,
d'incompatibilité, d'insécurité
et d'incertitude au niveau de ces trios ci-dessus. Pour moi c'est des
débats
qui me remettent en question car on voit ressurgir des nouvelles
critiques
qu'on doit faire face selon les différentes
régions et cultures et ce
changement d'un environnement où la sexualité est
presque ignorée (ile Maurice)
et à un autre où la sexualité est
accentuée (en France) m'a poussé à
cette
réunion.
Mon impression
sur
cette réunion :
Pour une
première
fois, c'était un très grand pas courageux
et qui promet. On a parlé un peu de tout en
général ce qui concerne tout un
chacun confronté à sa sexualité et sa
religion, encore faut-il les voir en
profondeur pour une meilleure compréhension et
éventuellement l'acceptation du
mariage entre la religion et la sexualité. La religion se
doit être une liberté
individuelle au niveau de la pensée, où l'esprit
se sens bien dans ses actes et
non un fardeau et une obstruction pour mieux appréhender le
divin...point de
contrainte dans la religion.
Les points fondamentaux
qu'on a
vus ensemble sont (selon les
expériences personnelles de chacun d'entre nous qui
était présent, et non en
général):
(1) islam et
l'homosexualité
(2) la France et
l'homosexualité
(3)
l'homosexualité
dans la vie privée (impliquant la
relation entre la personne et son entourage c'est à dire sa
famille, le
coming-out)
(1) Islam et
l'homosexualité
On n'a discuté
l'islam dans son implication individuelle
entre l'homme et Dieu; l'homme est responsable de ses actions et sera
jugé
auprès de Dieu pour ces dernières. La
sexualité n'est pas un choix, comme on ne
choisit pas notre noms de famille ou lieu de naissance; la
sexualité est une
prédisposition psychique (ou affinité pulsionnel
dans le sens le plus large car
l'activité mentale est régit par les pulsions
(forces psychiques), ou sinon
tendance psychique à emprunter une certaine voix
involontairement.
Rien n'échappe
à la volonté Divine, donc notre existence a
certainement une raison d'être, en d'autre mot
renié notre sexualité c'est
renié la volonté divine.
Pour justifier notre
existence,
on a eu recours au coran et
à la sunna, et les opinions des savants musulmanes:
(i) Selon le Coran: fait
mention du viole commis par le
peuple de lut aux étrangers du même sexe, un
interprétation qui n'est pas sans
équivoque
(ii) Les hadiths qui en
font
mention sont faibles sur les
bases de catégorisation de chaine de transmission (isnad)
(iii) La condamnation
chez
certains savants, toutefois on
note une certaine tolérance chez les sufis
on a aussi fait mention
de la
plasticité de l'islam à des
exigences moderne.
(2) La France
représente pour certain homosexuel musulman
(immigré surtout), un terrain fertile pour l'acceptation de
leur homosexualité
par une certaine ouverture d'esprit à cet égard.
Mais l'autre partie de son
identité qui concerne le fait d'être musulman
reste toujours incompréhensible
par La France et donc à revoir...est-il possible
d'être musulman et homosexuel?
(3)
l'homosexualité
toujours vue comme une maladie par
certain entourage bien que toléré (le doute est
toujours là), par contre il y a
toujours cette peur pour certain de faire le coming-out de peur de
décevoir la
famille qui est conditionnée dans une certaine
idéologie culturelle
conservatrice; voir la peur de l'humiliation des certains parents
à l'encontre
des proches ou voisinages.
Je
suggère qu'on doit
revoir/re-analyser/ redéfinir objectivement (non de
façon subjective) ces
constats point par point selon un point de vue historique, son
implication
sociale et le 'pourquoi' de ces interrogations ci-dessous et les doutes
qui y
subsistent:
(1) l'islam et
l'homosexualité au niveau historique
(2) c'est quoi
d'être
homosexuel en France? et c'est quoi
être homosexuel-musulman en France?
C’était quoi d'être homosexuel avant et
maintenant en France?
(3) idéale
parentale
et son héritage idéologique
Cela revient à
redéfinir l'homosexualité selon le point de
vue personnel de chacun d'entre nous par rapport à notre
vécu dans une
perspective environnementale et innéiste, ou est-ce qu'il y
a une définition
(cause à effet) à notre sexualité?
Salam, J. C.
Second témoignage avec Jamal :
« Légende d'une féminité assumée par
certains hommes »
C'est une longue histoire que l'histoire qui me lie au Henné. J'aime
le henné comme un artisan aime sa création. Le henné est une passion, que je ne
cesse de mettre en avant. Au delà de sa couleur et des beaux dessins qui
raffinent le corps, je suis aussi attiré par sa symbolique et le sens profond
que cette pratique, de mettre le henné, apporte. Le henné devient un lien,
entre moi qui le met, la personne à qui je le mets et Allah.
Si je dois revenir à mon enfance, la première chose qui me viendrait à
l'esprit est la présence quasi sacré du Henné dans les mariages et les fêtes
musulmanes. Mon intérêt pour le henné n'a cessé de grandir avec le temps, et
bien évidement comme dans toute société machiste, il fut contesté : Les hommes
voyaient en cette pratique un développement de la féminité, ma
féminité. Quant aux femmes elles voyaient en cela un manque de virilité.
Cette contestation de la part de mon entourage me poussa à travailler
le henné très discrètement, loin des autres, et à l'appliquer sur mon propre
corps. C'était difficile, parce que j'avais toujours peur que quelqu'un me
surprenne et le dise à la famille. Ce n'est que très récemment que les gens ont
acceptés de me voir faire du henné. Il faut dire que, malgré les mentalités
obtuses, il y'avait aussi des gens indulgents : des hommes et des femmes qui
voyaient en cela un art à part entière, et trouvaient que dessinaient avec le
henné rejoignait a part égale le dessin, la peinture et la musique.
Aujourd'hui, je peux dans les différents mariages le mettre au marié
et à la mariée ; cela se passe généralement lors de la cérémonie du henné
qu'on nomme – en Inde et au Pakistan - : MEHENDI, qui signifie
« henné » en langue Ourdou ; cette cérémonie ayant lieu le plus
souvent le Samedi.
Là-bas, une ancienne légende Chiite dit :
« … que la femme qui
meurt le henné à la main sera reconnue par la Reine du Paradis, Fatima Az-Zohra
(que la bénédiction d’Allah soit sur elle) comme étant une de ses adeptes … Il
est le symbole de la virginité éternelle au paradis. Il est dit que la plante
qu’Allah aime le plus en ce monde est la plante du henné, ce qui sacralise son
essence. Il est d'une couleur (acajou, couleur de la passion) qui ravie le cœur
de l'amoureuse dans l'intimité, attendant la venue de son bien aimé lors de la
nuit de noce.
Le henné symbolise la fertilité du cœur, siège de l’amour. Les motifs
du henné sont souvent des fleurs, des feuilles, des branches semblables à
l'arbre du Touba qui
s'enracine profondément sur la montagne céleste de Qaf.
Dieu planta l'arbre de Touba de Sa Main dans le jardin de l'Amour et lui
insuffla de Son Esprit.
La terre où il est planté est faite de musc et d'ambre,
mêlé de camphre. Cette terre est plus blanche que la plus blanche des neiges,
et sent si bon que nul ne peut décrire son odeur exactement. Le tronc de cet
arbre est de rubis et ses branches d'émeraudes. Ses feuilles, faites de
velours, ont la forme d'oreilles d'éléphants. Ses fleurs sont d'or, le plus
beau qu'on pourrait décrire. Les fruits sont en forme de perles. Ils sont plus
blancs que la neige et plus limpides que le cristal... »
«Je dessinerai
cet Arbre sur ton dos Qalbi ; Comme s'il s'enracine sur le Mont Qaf »
L'autre aspect du henné est son caractère éphémère
comme la création. Toutefois, il est éternel dans la pensée de celui qui
l'applique comme la création est éternelle dans l'instant présent. Rien dans
les motifs du henné ne se ressemble, comme dans la création, rien n'est pareil.
« Le henné est l'ancre de mon sang ; Avec quoi
j'attesterai mon amour pour toi ;
Sur Le livre de ton Coeur InshAllah »
Wassalam
halaykoum oua rahmatou Allah oua barakatouh - Samy, d'après ses
discussions
avec Jamal qui est désormais administrateur responsable du
groupe Prières et Méditations de HM2F -
l’intégralité des comptes-rendus de HM2F sont disponibles ici
______________________________________
Journées
Annuelles de rencontre - JAR
2010
Les
JAR été organisées par
l’association
David et Jonathan, du 22 mai jusqu’au 24 mai 2010
à la ferme de Courcimont à
Nouan-le-Fuzelier. Le 22 Mai, les membres de notre association ont
animé un
atelier sur le thème «
Vivre
son homosexualité en étant Musulman ».
On
a abordé les problématiques suivantes : Est-il
possible d’être homosexuel-le-s et
musulman-e-s ? Est-ce une
réalité ? Peut-on vivre en Paix !?
Afin
d'élucider ces questions, l’atelier
était divisé en 5 parties consacrées
à notre thème
précité :
1
- Nous avons parlé de la genèse de
l’islam ; les cinq fondements de l’islam,
l’évolution de l’islam pendant les 23
ans du prêche du prophète Mahomet ASWS, et
aussi la tolérance de l’islam vis-à-vis
des autres enseignements antérieurs,
suivi d’une récitation de psaumes.
2
- L’infrahumanisation,
comment répondre à la violence
extrémiste ; le fait que
l’infrahumanisation marginalise certaines des
minorités ; et pour contrecarrer
ce phénomène nous devons éduquer et
purifier nos représentations. La présence
de l’homosexualité chez les premiers arabes, suivi
de la récitation du psaume.
3
- Orthopraxie
et métaphysique islamique, la place de la
sexualité & du genre,
l’interdiction de violenter les minorités
sexuelles par le prophète de
l’islam ; allusion furtive de
l’homosexualité dans le coran.
L’orthopraxie
islamique traditionnelle n’acceptait pas une
homosexualité visible.
4
- Humanisme
& Universel ; une réforme islamique
existentialiste?
5
- HM2F
& DJ à l’avant-garde
- Islam
cela veut dire paix !
Dimanche
du 23 mai, on a débuté
la journée avec une séance de
spiritualité plurielle, dans une atmosphère
très
sereine, avec la récitation d’une partie du Cantiques
des Cantiques.
Nous
avons assisté à un débat
sur la sexualité et la spiritualité, « le
sexe et l’esprit font-ils bon
ménage ? »
Autours
d’une table ronde, en présence d’un
curé,
d’une écrivaine, d’un anthropologue,
d’un
psychanalyste et d’un sexologue. Un débat
très
enrichissant ; des points
de vu très diversifiés, sans pour autant arriver
à
un consensus clair.
Le
même jour, on a assisté à un
autre atelier dont le thème était : « qu’est-ce
qui commande dans
ma vie affective et sexuelle ? »
Chacun a fait part de son
expérience personnelle, très diverse ;
on a vu que ça évolue continuellement
durant toute sa vie. Des séances de relaxation
étaient mises à notre
disposition par exemple le yoga, le massage, Tai ji Quan…
Lundi
le 25 mai, on a discuté
sur le thème « sexualité,
sida…et moi dans tout
ça ? » ;
ce fut un moment de partage entre des gens avec des vécus
parfois très
difficile par rapport au VIH, d’autres souffrant
d’une angoisse par rapport au
sida, ou même d’autres ayant des compagnons
sidaïques, sans oublier la
prévention !
Clôture
du jar – un moment de
remerciement pour ceux qui ont animés des ateliers. A la fin
des JAR, on a été
divisé en plusieurs petits groupes de dix personnes environ
(femmes et hommes
séparément) pour parler de ce qu’est
pour soi L’HOMME ou la FEMME (genre).
Merci
à
J. C. pour son compte-rendu ;
Merci
à
DJ de nous avoir invité à ces JAR –
2010.
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